Nationalisation de la sidérurgie en 1982 : Une politique qui n'a pas protégé les travailleurs05/12/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/12/une2314.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Nationalisation de la sidérurgie en 1982 : Une politique qui n'a pas protégé les travailleurs

Le gouvernement a fait marche arrière dans ses velléités de nationaliser temporairement le site de Florange et Montebourg a dû manger son chapeau. Si les syndicats et les travailleurs peuvent à juste titre se sentir trahis par le gouvernement, la nationalisation n'a jamais été synonyme de maintien de l'emploi.

Et on en sait quelque chose dans la sidérurgie, nationalisée par un gouvernement de gauche comprenant des ministres communistes. Elle a été suivie par une véritable saignée de l'emploi dans les bassins industriels du Nord et de la Lorraine.

En février 1982, le gouvernement Mitterrand-Mauroy acheva la nationalisation de la sidérurgie entamée par la prise de contrôle de l'État en 1978 -- sous un gouvernement de droite -- d'une industrie qu'on disait en faillite. En fait, cela permit l'effacement des dettes des De Wendel et autres barons de l'acier, qui allèrent planter ailleurs leurs milliards.

En juin 1982, un plan aciers spéciaux prévoyait la suppression de 12 000 emplois, et le début de la fin de l'usine de Pompey près de Nancy.

Deux ans plus tard, le 29 mars 1984, le gouvernement révisait le plan acier et annonçait 21 000 suppressions d'emplois et signait l'arrêt de mort des bassins sidérurgiques de Longwy, Denain et de Neuves-Maisons. 30 milliards de francs étaient apportés par l'État pour moderniser les installations.

Ces suppressions massives d'emplois se firent avec le soutien de la direction du PCF, présent au gouvernement. On vit alors Marchais, le secrétaire général du PCF, se rendre à la manifestation des sidérurgistes lorrains à Paris le 13 avril 1984, pour faire oublier que pendant ce temps-là les ministres ne bronchaient pas contre le plan acier. En mai, les députés du PC votèrent la confiance au gouvernement à l'Assemblée nationale.

La mobilisation des travailleurs, massive mais avec un profond sentiment de trahison, fut étroitement contrôlée par les partis de gauche et les syndicats, qui ne voulaient surtout pas que se rééditent, sous la gauche, les émeutes de Denain et Longwy de 1979, durement réprimées. Mais, contrairement à ce que nous avons écrit par erreur la semaine dernière, il n'y eut pas de répression des manifestations ouvrières en 1984.

Aux européennes de la même année, le FN dépassa pour la première fois les 10 %, tandis que le PCF faisait son plus mauvais score à une élection nationale, 11,2 %. Ce n'est qu'après cette déroute que le PC quitta le gouvernement, en juillet 1984.

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