JPM -- Moulins (Allier) : Les travailleurs se défendent10/10/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/10/une2306.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

JPM -- Moulins (Allier) : Les travailleurs se défendent

Mardi 9 octobre, un rassemblement avait lieu dans la cour de l'usine JPM de Moulins qui fabrique des clés et serrures. Des travailleurs de Potain, Carrefour, Bosch, de l'EDF, des cheminots, des enseignants... étaient venus soutenir les salariés en lutte contre la fermeture de leur usine.

C'est le 21 juin dernier que le groupe Assa Abloy, propriétaire de JPM, au cours d'une réunion soi-disant prévue pour le GPEC (gestion prévisionnelle des effectifs et des compétences) a fait annoncer par une intérimaire de luxe, spécialisée dans les fermetures d'entreprise et embauchée spécialement pour cela, ce qu'elle a appelé une « reconfiguration », c'est-à-dire la fermeture de l'usine et 162 licenciements.

En 2009, il y avait déjà eu un plan de 163 licenciements. Le groupe Assa Abloy expliquait « qu'il ne voulait plus de copeaux » dans ses usines européennes et qu'elles allaient devenir seulement des usines d'assemblage. Les ateliers Presses, Peinture, Traitement de surface étaient fermés. La direction avait expliqué à l'époque que « cela devait pérenniser l'entreprise ».

Maintenant, elle reproche à l'usine de Moulins d'être trop grande et de ne pas faire assez de chiffre d'affaires. Pourtant le bénéfice de l'usine est de 14 %, mais cela ne suffit pas : la direction a décidé qu'il fallait faire du 22 %.

La direction propose aussi de transférer la production dans l'usine Vachette près de Troyes, qui appartient aussi à Assa Abloy. Mais ce qu'ils appellent « un plan social » est aussi en préparation à Troyes, avec la perte de l'outil de production.

Multinationale suédoise, Assa Abloy, qui possède des usines dans le monde entier, s'est réorganisé sur le dos des travailleurs depuis longtemps. Le plan de licenciements de 2009 a été payé sans problème et l'entreprise se vante de n'avoir aucune dette. En 2006, elle s'est débarrassée de l'usine La Perche, qu'elle avait achetée quelques années auparavant en licenciant 180 travailleurs.

Pour l'instant, la direction n'a rien annoncé concernant les indemnités et les éventuelles mutations pour Troyes. L'intersyndicale a fait paraître dans la presse une petite annonce : « Usine rentable cherche repreneur ». Même si un repreneur se présentait, tout le monde sait qu'Assa Abloy ne veut pas vendre. Mais cela a fait bouger la presse et tout le monde était content de voir TF1, LCI, RTL, FR3 s'intéresser au sort des travailleurs de Moulins. Sauf le DRH, en CDD, qui a fait sortir les journalistes qui stationnaient dans la cour !

À chaque débrayage, quasiment tout le monde est dehors. Comment peut-on mettre 162 travailleurs à la porte alors que l'usine fait des bénéfices, alors qu'il n'y a jamais eu autant de travail ? Le cri du coeur est : « C'est vraiment des salauds, ils ne pensent qu'à leur portefeuille ! »

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