Turquie : Agressions contre les femmes et campagne contre l'avortement20/09/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/09/une2303.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Turquie : Agressions contre les femmes et campagne contre l'avortement

Pendant le seul mois de juillet au moins 18 femmes ont été tuées en Turquie, dont cinq à Istanbul. La presse a longuement parlé de certains cas, dont deux où les maris, après avoir tué leur femme, se sont suicidés.

En fait, c'est une ambiance de plus en plus réactionnaire qui se fait sentir, dont les femmes sont les premières victimes. Ainsi, depuis le début de l'année, on a vu le Premier ministre Erdogan expliquer qu'il faut que chaque famille ait au moins trois enfants et que la Turquie a besoin d'une jeunesse croyante et non pas athée. Et au mois de mai, toute une campagne a été menée pour l'interdiction de l'avortement, dans laquelle on a vu Erdogan accuser tout simplement d'assassinat les femmes y ayant recours.

Jusqu'à maintenant et depuis les années soixante-dix, le droit à l'avortement avait été facilité en Turquie. En 1979 une campagne pour le droit à l'avortement avait souligné que chaque année 500 000 femmes se faisaient avorter illégalement, dont 25 000 en mouraient. Mais aujourd'hui il est de fait presque impossible d'obtenir une interruption volontaire de grossesse dans les hôpitaux publics et seuls les hôpitaux privés et les cliniques acceptent de pratiquer l'IVG.

Selon le projet gouvernemental, désormais les femmes non mariées ne pourraient plus obtenir d'IVG et les femmes mariées ne le pourraient qu'avec l'autorisation de leur mari et uniquement auprès de médecins spécialisés. Les cliniques ne pourraient plus les pratiquer et des sanctions seraient prévues pour les contrevenants. Si cette loi passe, ce seront ainsi les femmes qui seront les principales victimes de la démagogie réactionnaire du parti d'Erdogan, l'AKP.

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