Une décision favorable aux victimes de l'amiante20/06/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/06/une2290.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Une décision favorable aux victimes de l'amiante

Mardi 12 juin, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a enfin répondu favorablement aux victimes de l'amiante. Du fait d'un jugement de la cour d'appel de Douai du 22 octobre 2011, celles-ci étaient sommées par huissier de rembourser au Fiva (Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante) une partie importante de leurs indemnités. Marisol Touraine a précisé aux représentants des associations des victimes, notamment l'Andeva (Association nationale des victimes de l'amiante) et la FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés) que les indemnités qui ont été versées puis réclamées par le Fiva n'auront pas à être remboursées.

Cette décision est avant tout le fruit de l'obstination et du combat mené par les victimes et leurs associations.

Le précédent gouvernement, par la voix de Xavier Bertrand, n'avait admis que la possibilité d'examiner, au cas par cas, la situation de chaque victime ou ayant droit, afin d'envisager des remises partielles éventuelles. C'était bien sûr inacceptable. Une motion signée par plus de 450 parlementaires de toute tendance -- c'est dire l'ampleur du malaise -- avait appuyé la demande des victimes. À noter que le 8 juin, le nouveau gouvernement cafouillait encore puisque le Premier ministre rassurait les associations alors que, dans le même temps, une lettre du ministère de la Santé confirmait, dans des termes pratiquement identiques, la position prise auparavant par Xavier Bertrand.

C'est donc une décision favorable. Malheureusement lors de la séance du 12 avril, les représentants des confédérations syndicales au conseil d'administration du Fiva ont refusé de se solidariser avec les associations de victimes qui, pour la première fois depuis la création du Fiva, ont refusé de voter le rapport d'activité. Ces dirigeants syndicaux se sentaient beaucoup plus proches de la présidente du Fiva (nommée par l'État) et de sa directrice.

Les choses se sont encore aggravées à l'annonce de la décision du ministère de la Santé. En effet, les représentants du Medef au Conseil d'administration du Fiva ainsi que ceux de tous les syndicats, sans exception, ont publié un communiqué commun pour protester contre... la violation du paritarisme au sein du Fiva !

Que le patronat n'apprécie pas que les victimes aient obtenu satisfaction, cela ne surprendra personne. Mais que les syndicats se joignent à lui, cela devient insupportable, en tout cas pour les militants de la CGT, membres de la direction de l'Andeva, qui ont exigé de la direction confédérale une réunion afin qu'elle s'explique sur cette attitude.

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