SNCF banlieue de Paris Saint-Lazare : « qui travaillerait sans que son dû soit payé ? »20/06/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/06/une2290.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF banlieue de Paris Saint-Lazare : « qui travaillerait sans que son dû soit payé ? »

« Nous nettoyons cette gare depuis des années et des années. Depuis quelques semaines, la SNCF passe par la société Carrard pour gérer le nettoyage. La SNCF fait peut-être des économies. Et nous ? » Ainsi commence une affichette des « ouvriers du nettoyage en grève des gares de la région de Paris Saint-Lazare » apposée le 15 juin pour informer cheminots et usagers de la situation scandaleuse dans laquelle se retrouvent ces travailleurs.

Après différentes sociétés dont Chalencin, la SNCF a fait appel à Carrard en mars dernier comme prestataire de service. Depuis, les « oublis » sur les payes se sont multipliés. Les dimanches pas payés ou à seulement 20 % ; les jours fériés oubliés ; la Carte orange pas remboursée ; les nuits, les primes de salissure ou de qualité, pas payées non plus et même, pour certains, pas de salaire du tout pendant deux mois !

Pour Carrard services, c'était la faute des prestataires précédents et les travailleurs avaient alors droit à des promesses, du genre : « Rentrez chez vous, la régularisation doit être dans votre boîte à lettres ; si ce n'est pas ce soir, ce sera demain ».

Lassés de se faire lanterner et après deux débrayages, des ouvriers ont décidé de partir en grève reconductible lundi 18 juin. La grève est largement majoritaire et alors qu'ils sont 160 dispersés sur des dizaines de sites, ils ont décidé de se retrouver gare Saint-Lazare à Paris pour faire leurs assemblées de grévistes et interpeller les directions de Carrard et de la SNCF. Entre temps, les salariés ont appris que Carrard était en redressement judiciaire alors qu'il a emporté le marché du nettoyage SNCF en bradant les prix... et en comptant bien que les travailleurs en feraient les frais.

Il faut croire que le fait de se croiser les bras a fait réfléchir les directions : Carrard qui expliquait qu'il n'y avait que quelques irrégularités -- seulement cinq cas, disait-elle lundi 18 -- a bien dû s'incliner : les salariés lui apportaient plusieurs dizaines de feuilles de paie et le lendemain, Carrard reconnaissait 70 cas litigieux. Le 19 juin au soir, la direction nationale des Achats SNCF proposait une réunion avec la direction de Carrard et les salariés pour examiner la situation. Il faut dire que les gares changent vite de visage lorsque les locaux ne sont plus nettoyés. La force des travailleurs, oui, c'est incontestablement la grève !

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