Camaïeu : La misère en prêt-à-porter20/06/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/06/une2290.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Camaïeu : La misère en prêt-à-porter

Les 21 et 22 juin, les salariés de Camaïeu ont été appelés à débrayer pour obtenir 100 euros d'augmentation de salaire. Déjà fin 2010-début 2011, une grève de plusieurs semaines avait, pour la même raison, touché cette entreprise.

Numéro un du prêt à porter en France, Camaïeu a mille magasins dans le monde, dont six cents en France, 5 800 salariés, un chiffre d'affaires de l'ordre du milliard d'euros, 500 millions de dividendes versés aux actionnaires en quatre ans... et des salaires si bas que, pour beaucoup, ils sont complétés par le RSA.

Cités dans les médias, des salariés de Camaïeu ont décrit la situation des vendeuses des magasins de la marque : 80 % d'entre elles ont un emploi à temps partiel de 22 heures par semaine et gagnent à peine 640 euros par mois.

Mais même les travailleurs à plein temps ne sont pas logés à meilleure enseigne. Un délégué syndical, cité dans la presse, explique que, avec dix-huit ans d'ancienneté en tant qu'employé à la logistique dans les entrepôts de la marque, il touche 1 180 euros net par mois, avec un complément de 296 euros au titre du RSA. Au moins une vingtaine de travailleurs, dit-il, seraient dans le même cas rien que dans l'entrepôt où il travaille, y compris des agents de maîtrise, eux aussi au RSA.

Depuis des années, en effet, la direction n'accorde aucune augmentation. Et quand un travailleur va en demander une au DRH, il s'entend répondre que le RSA est prévu pour ça !

Rappelons que, fin 2008, quand le gouvernement Sarkozy a remplacé le RMI (Revenu minimum d'insertion) par le RSA (Revenu de solidarité active), il présentait cela comme une aide destinée à éviter qu'un chômeur ne perde en pouvoir d'achat même quand il retrouve un emploi très mal payé. En fait, des employeurs comme Camaïeu ont vite compris quel parti ils pouvaient tirer de la « solidarité active »... en l'occurrence celle de l'État à leur égard : ils versent des salaires de misère aux travailleurs qu'ils exploitent, en leur disant qu'ils n'ont qu'à les compléter par le RSA, donc par des fonds publics, optimisant de la sorte leurs profits.

Des syndicats de Camaïeu ont demandé à être reçus « au plus vite » par le ministre du Travail. Hormis de bonnes paroles, sa « solidarité active » avec les victimes d'un tel patron ira-t-elle plus loin ?

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