Île de la Réunion : Le Parti communiste réunionnais absent du deuxième tour des législatives13/06/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/06/une2289.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Élections législatives

Île de la Réunion : Le Parti communiste réunionnais absent du deuxième tour des législatives

Les termes « séisme », « cataclysme » ont largement été utilisés par de nombreux commentateurs au lendemain du premier tour des élections législatives à la Réunion, qui a vu les candidats du PCR battus dans les sept circonscriptions de l'île. Dans un communiqué publié au soir de l'élection, le Parti communiste réunionnais regrette que « la volonté de changement ne se soit pas toujours traduite par un vote en faveur de ses candidats ». C'est le moins que l'on puisse dire au vu des résultats.

Aucun de ses candidats dans les sept circonscriptions de l'île n'a passé le cap du premier tour, pas même les trois maires de villes importantes comme Le Port, Saint-André ou de Sainte-Suzanne. Pierre Vergès, fils du principal dirigeant de ce parti, Paul Vergès, a obtenu le plus mauvais score avec 2,5 % des voix dans sa circonscription. La défaite est d'autant plus cuisante pour le PCR qu'il avait maintenu de force la candidature du maire du Port dans la deuxième circonscription contre la députée sortante Huguette Bello, elle aussi membre du PCR. Huguette Bello qui a été exclue de fait du parti pour avoir refusé de céder la place a créé son propre mouvement. Elle a été réélue dès le premier tour avec plus de 67 % des voix contre 14,31 % pour son ex-camarade de 40 ans !

Le vainqueur de l'élection est sans conteste le Parti socialiste qui, à la Réunion, n'a jamais joué un rôle majeur. Même après les victoires de Mitterrand en 1981 et en 1988, le PCR était resté à gauche le parti le plus important. Au sortir de cette élection, et pour l'heure, ce n'est plus le cas. Cette situation est certes due au mouvement général qui pousse, y compris à gauche, le corps électoral vers des formations proches des pouvoirs en place, accentuant de la sorte la bipolarisation de la vie politique. Mais elle est due aussi à la politique du PCR qui sur le fond ne se distingue en rien de celle du Parti socialiste, entraînant à « voter pour l'original plutôt que pour la copie ».

En fait, c'est une politique nationaliste et réformiste que prône le PCR, loin de toute idée de défense exclusive des intérêts des classes populaires. Au nom de prétendus intérêts « réunionnais », au premier rang desquels se trouvent ceux de la bourgeoisie, le PCR a passé toutes sortes d'alliances, y compris avec la droite, qui ont laissé sur le bord du chemin beaucoup de ses partisans consternés.

Ainsi, aux dernières élections régionales, Paul Vergès avait suscité de nombreuses interrogations et déceptions lorsqu'il avait mis sur sa liste l'ancien député-maire de droite de la ville du Tampon, celui-là même qui, en 1994, avait lancé ses sbires contre les militantes de l'Union des femmes de la Réunion, dont la présidente n'était autre que Huguette Bello. Ce même Paul Vergès avait également appelé à voter en 1995 pour le « candidat de l'égalité », un certain... Jacques Chirac.

Depuis des années, les mesures phares du PCR se résument en deux propositions : l'indépendance énergétique de l'île et une politique de grands travaux, avec en particulier la construction d'un tram-train. Le projet de tram-train, soutenu un temps par Sarkozy, a été ensuite abandonné par le nouveau président de droite de la Région. Et parce que Hollande s'est dit intéressé par ce projet, le PCR a appelé à voter pour lui dès le premier tour de la présidentielle, au grand dam de Mélenchon.

Le PCR a donc fait campagne sans aucune réserve pour le candidat du Parti socialiste et a visiblement payé cet alignement aux élections législatives.

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