General Motors, Cadie, Lohr... (Bas-Rhin) : Une hémorragie d'emplois en vue13/06/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/06/une2289.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

General Motors, Cadie, Lohr... (Bas-Rhin) : Une hémorragie d'emplois en vue

Dans une déclaration de fin mai, la CGT du Bas-Rhin faisait état de plusieurs milliers d'emplois menacés, rien que dans ce département. En dehors de General Motors Strasbourg qui, sous couvert de recherche d'un repreneur, prépare la fermeture, d'autres grosses entreprises licencient.

Caddie, à Drusenheim, connue pour les chariots de supermarchés, était mise en redressement judiciaire au mois de mars. Le groupe Altia a repris l'entreprise avec à la clé 125 licenciements, soit un quart des 509 salariés de l'usine de Drusenheim. Les salariés licenciés ne toucheront rien de plus que les indemnités de licenciement conventionnelles.

Lohr à Duppigheim, qui fabrique entre autres des tramways sur pneus, est en cessation de paiement. Après des tractations laborieuses, Alstom conjointement avec le Fonds stratégique d'investissement (FSI) vient de racheter cette partie de l'entreprise, Translohr, pour 35 millions d'euros. Le FSI, donc les pouvoirs publics, a débloqué 49 % de la somme. Patrick Kron, PDG d'Alstom, se félicite de cet accord prometteur pour « les perspectives commerciales de l'entreprise. » Cela sauverait deux cents emplois sur les 941 salariés de Lohr. Mais c'est beaucoup moins prometteur pour les ouvriers des autres secteurs de Lohr puisque la direction ne cache pas qu'un plan de licenciements d'au moins deux cents salariés est en préparation sur les 750 restants. Et les ouvriers, qui n'ont pas reçu leur salaire en mai, devront attendre fin juin pour être payés !

Par ailleurs, Supra à Obernai qui fabrique des appareils de chauffage au bois, avait été repris en février 2012 par un fonds d'investissement, Perceva Capital. En avril un plan de licenciements était annoncé avec 62 suppressions de postes à Obernai.

Stracel, usine du Port du Rhin à Strasbourg qui fabrique de la pâte à papier, rachetée il y a plus de dix ans par le groupe finlandais UPM-Kymmene, a été mise en vente fin août 2011 avec menace de fermeture fin août 2012 s'il n'y avait pas de repreneur d'ici là, car il lui fallait augmenter sa compétitivité par rapport à la concurrence. Ce même groupe a annoncé début août 2011 une hausse de 75 % de son bénéfice net au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2010 ! À deux mois de l'échéance donnée par UPM, les 260 salariés de Stracel sont plus qu'inquiets et mardi 12 juin ils ont fait une opération escargot jusqu'au Parlement européen pour rappeler aux députés que ce sont eux qui avaient donné leur accord pour le rachat de Stracel par UPM. Selon les syndicats de Stracel, mille emplois de la filière bois, qui fournit la matière première à l'usine, seraient aussi concernés.

À General Motors, où tout semble confirmer la marche vers la fermeture malgré les molles dénégations de la direction, deux assemblées générales du personnel appelées par tous les syndicats de l'entreprise ont réuni quatre cents personnes le matin, 230 l'après-midi où l'effectif est plus réduit, et ont voté pour exiger la garantie des emplois et de tous les acquis jusqu'en 2020, et décidé d'une manifestation à Strasbourg prochainement.

Cette hémorragie d'emplois nécessiterait une riposte des travailleurs bien plus massive et collective que des manifestations usine par usine, pour imposer l'interdiction des licenciements à tous ces groupes qui s'enrichissent en jetant à la rue des milliers de travailleurs.

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