Quand Mélenchon jouait les pompiers pour Jospin29/03/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/03/une2278.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Quand Mélenchon jouait les pompiers pour Jospin

Début mars 2000, le ministre de l'Éducation, Claude Allègre, sortait un projet de réforme concernant les lycées professionnels. Ce projet prévoyait, entre autres, de réduire les horaires d'enseignement général pour les élèves, d'annualiser le temps de travail des enseignants et une augmentation des stages en entreprise pour les élèves.

Du 3 au 27 mars 2000, une grève reconductible se développa, mobilisant bien au-delà des lycées professionnels, car les tentatives pour économiser les postes d'enseignants prenaient diverses formes et touchaient l'ensemble des collèges et des lycées.

Le 16 mars, 200 000 manifestants dans toute la France disaient non dans la rue aux projets d'Allègre. Il y avait ce jour-là 800 000 grévistes dans tout le pays, c'est-à-dire 70 % de l'ensemble du corps enseignant. C'était du jamais vu depuis 1995.

En réponse à la colère du monde enseignant, Jospin décida de remplacer Claude Allègre, nommant Jack Lang au ministère de l'Éducation et Jean-Luc Mélenchon devenant ministre délégué à l'Enseignement professionnel. Celui-ci déclara alors que les textes refusés allaient être modifiés et remplacés par des propositions qui ne comporteraient « ni annualisation, ni globalisation, ni flexibilité, ni pondération ». Outre le fait qu'il s'agissait d'un mensonge grossier puisque les nouveaux textes étaient identiques aux anciens, il ne revenait pas sur la baisse des heures d'enseignement général, ni sur le nombre insuffisant de créations de postes qui en découlait.

Avec un tour de passe-passe faisant accepter les accords sur le nouveau texte par le Snetaa, le syndicat majoritaire de l'enseignement professionnel, le nouveau ministère Lang-Mélenchon réussit à mettre fin à la grève.

Mélenchon affirmait il y a peu à la télévision qu'il était « fier d'avoir été ministre de l'Enseignement professionnel ». Il n'y a vraiment pas de quoi.

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