En votant pour Nathalie Arthaud, apporter son soutien à un programme de lutte29/03/20122012Journal/medias/journalnumero/images/2012/03/une2278.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

En votant pour Nathalie Arthaud, apporter son soutien à un programme de lutte

La classe ouvrière paie très chèrement la crise de l'économie capitaliste. C'est à elle, qui n'est pas responsable de la crise, elle qui n'a jamais dirigé la vie économique, elle qui n'a eu que des miettes des périodes de prospérité, que la bourgeoisie et son État imposent des sacrifices. C'est elle qui subit les licenciements, c'est elle dont le pouvoir d'achat est écrasé, c'est elle qui subit les mesures d'austérité.

C'est d'autant plus révoltant que les responsables de la crise, les banquiers, les propriétaires et actionnaires des grandes entreprises, bénéficient de la croissance continue de leurs profits. Il y a de quoi être en colère contre la droite au pouvoir et ce président qui mérite bien son surnom de « président des riches ».

Cette colère, tous les travailleurs, toutes les victimes du grand patronat et du gouvernement ont envie de l'exprimer. Seuls les plus inconscients peuvent voter pour Sarkozy et, à plus forte raison, pour Marine Le Pen qui, sur le fond, représente la même politique que Sarkozy, la démagogie anti-immigrés et sécuritaire en plus débridé.

L'aspiration de l'électorat ouvrier à dégager Sarkozy de la présidence est le seul argument électoral de son concurrent Hollande.

Mais si nous nous contentons de manifester notre colère contre la droite et sa politique antiouvrière en confiant nos aspirations, nos espoirs, notre sort aux dirigeants de la gauche, nous serons inévitablement trompés, déçus, trahis.

Une fois que l'élection sera faite, tout repartira comme avant. Le président nouvellement élu pourra renier ses promesses et gouverner comme le lui demandent les maîtres de la société : les marchés financiers, le grand patronat, les banquiers.

Quelle que soit l'issue finale de cette élection présidentielle, nous ne ferons pas l'économie de la lutte. Ce qui comptera pour l'avenir, c'est la capacité collective de la classe ouvrière à inverser le rapport de forces avec la grande bourgeoisie. C'est à notre portée. La classe ouvrière représente une force considérable, irrésistible, dès qu'elle a claire conscience de ses intérêts, dès qu'elle est prête à lutter pour se défendre et à ne compter sur personne pour le faire à sa place.

Lorsque la lutte aura commencé, il faudra que les travailleurs se retrouvent sur des objectifs qui permettent de changer réellement le rapport de forces avec la classe capitaliste et le gouvernement, quel qu'il soit. C'est pour populariser ces objectifs que Lutte Ouvrière présente dans cette élection la candidature de Nathalie Arthaud.

Contre le chômage, il faut imposer l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Le financement du maintien de tous les emplois doit être prélevé sur les profits des groupes industriels et financiers et sur les revenus de leurs gros actionnaires.

Au lieu de gaspiller son argent pour aider les grands groupes, l'État doit créer des emplois utiles dans les services publics et procéder à de grands travaux créateurs d'emplois pour, en même temps, satisfaire des besoins vitaux, comme la construction de logements à portée de salaires ouvriers.

Il faut l'augmentation des salaires et des retraites et la garantie de leur pouvoir d'achat par l'indexation automatique sur les prix.

La crise et son facteur déclenchant, la spéculation, montrent clairement que ceux qui dirigent l'économie sont totalement irresponsables à l'égard de la société. On ne peut pas leur laisser sans contrôle la direction des entreprises et de l'économie. Ils dissimulent leurs gaspillages, leurs spéculations, leur parasitisme, derrière le secret des affaires. Il faut supprimer toutes les lois qui protègent ce secret. Il faut que les travailleurs et la population concernée puissent contrôler les comptes des entreprises et être informés des plans préparés par les conseils d'administration, pour pouvoir réagir lorsque ces plans vont contre les intérêts de la société.

Voilà la politique que représente Nathalie Arthaud dans cette élection. Elle représente la continuité d'une politique communiste.

Les élections n'ont pas le pouvoir de changer la vie. Mais elles permettent à tous ceux qui ne font plus confiance aux alternances électorales, et ne croient plus aux faiseurs de miracles, de s'exprimer.

Le vote utile dans cette élection, c'est voter pour Nathalie Arthaud, pour dire qu'on est d'accord avec le programme de lutte qu'elle propose et pour affirmer la confiance dans la capacité de la classe ouvrière à se défendre et à reprendre l'offensive.

Éditorial des bulletins d'entreprise du lundi 26 mars

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