Caisses d'allocations familiales : Les allocataires et le personnel font les frais des restrictions07/12/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/12/une2262.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Caisses d'allocations familiales : Les allocataires et le personnel font les frais des restrictions

Si la lutte contre « la fraude sociale » dans les organismes sociaux et notamment dans les CAF est le cheval de bataille de la droite et du gouvernement, on parle beaucoup moins de l'accumulation des dossiers non traités.

À titre d'exemple, à la CAF de Clermont-Ferrand, le retard dans le traitement des dossiers RSA est d'environ quatre mois. En 2010, il y avait 10 000 dossiers RSA à traiter, aujourd'hui il y en a 16 000. À Clermont-Ferrand où les employés de l'accueil reçoivent environ 1 100 personnes par jour, la direction a fermé ses guichets pendant une semaine. À la réouverture, plus de soixante personnes y faisaient la queue. Autres exemples, la CAF de l'Essonne a fermé ses guichets du 21 novembre au 2 décembre pour les mêmes raisons. En Seine-et-Marne, les centres d'accueil ont fermé durant trois semaines en février dernier. À Paris, les guichets sont fermés tous les mercredis jusqu'à la fin de l'année.

Dans bien d'autres CAF du pays, les allocataires trouvent porte close des jours ou des semaines entières. À ces fermetures limitées dans le temps s'ajoute la fermeture définitive de 255 points d'accueil locaux entre 2005 et 2009, obligeant beaucoup d'allocataires à venir dans les CAF centrales.

La situation s'aggrave du fait du non-remplacement d'un départ en retraite sur deux des employés, alors que le nombre de dossiers à traiter augmente, car avec la crise, de nombreuses familles déposent des dossiers de RSA ou d'aide au logement. À Clermont-Ferrand, le directeur indique qu'il n'est pas question d'embaucher. Dans certaines CAF, à Paris, ou dans le Val-de-Marne, les directions embauchent au coup par coup des jeunes en CDD mais ceux-ci sont en nombre insuffisant pour faire face à la charge de travail.

Alors, les directions ont recours aux heures supplémentaires, imposées ou non, aux fermetures des accueils et même sollicitent des retraités pour venir reprendre du service. À cela s'ajoutent les pressions de toute sorte, par exemple la réduction de la prime d'intéressement pour que les employés augmentent leur production.

Fin mai 2011, le directeur de la CNAF se vantait que « l'opération fermeture des caisses au public avait été un franc succès ». À propos de la situation à Clermont-Ferrand, il précisait que 80 % des dossiers seraient traités dans les quinze jours. Mais les allocataires qui attendent des heures aux guichets, ou des semaines voire des mois que leurs dossiers soient étudiés, sont loin de partager ce point de vue.

Il faut que tous les départs en retraite soient remplacés, qu'il y ait une embauche massive en CDI pour résorber les dossiers et accueillir les familles dans de bonnes conditions. Ce ne sont pas les jeunes et les chômeurs qui manquent !

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