Suppression de postes de fonctionnaires : Une politique aussi désastreuse qu'inutile19/10/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/10/une2255.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Suppression de postes de fonctionnaires : Une politique aussi désastreuse qu'inutile

Un rapport sur les conséquences de la suppression d'un poste de fonctionnaire sur deux a été rendu public mercredi 12 octobre par la Mission d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée nationale, mission présidée par un député socialiste et un député UMP.

Ce rapport constate que, depuis 2008, l'État a supprimé près de 120 000 postes de fonctionnaires. Et d'ici 2012 il en supprimera 30 000 de plus. Il insiste sur l'impossibilité de continuer ainsi sans remettre en cause à terme des missions de service public.

L'un des rapporteurs souligne : « Nous sommes arrivés au terme des effets de la diminution mécanique du nombre de postes. » Partout, le non-remplacement de fonctionnaires a des conséquences. C'est vrai dans l'éducation, où les enseignants malades ne sont plus remplacés, où les classes sont surchargées. On le voit aussi à l'hôpital, où la pénurie de personnel détériore constamment les conditions d'accueil des patients qu'on pousse dehors le plus vite possible. On l'a vu cet hiver, quand les routes n'étaient pas déneigées par manque de personnels dans la DIR (ancienne DDE).

Le gouvernement va-t-il en rester là ? Eh bien non, et le même rapporteur conclut : « Il arrivera un temps où il faudra s'interroger sur les missions que l'État devra abandonner. C'est la suite logique de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). » Ainsi il est envisagé par ces députés de faire disparaître certains services publics, même si pour l'instant, période électorale oblige, ils restent prudents.

Par ailleurs, ce rapport reconnaît que ces suppressions de postes n'ont pas permis de réaliser les économies tant attendues, car la masse salariale que le gouvernement voulait réduire a augmenté de 1 %.

Elle n'a pas diminué parce que les différents ministères ont eu recours à des emplois contractuels, donc précaires, pour remplacer les fonctionnaires non nommés. Il a bien fallu se rendre à l'évidence : ces derniers accomplissaient une tâche indispensable. D'autre part, des compensations financières ont été prévues pour, dit le rapport, « accompagner les efforts consentis par les ministères ». Les salaires des employés n'ont pas pour autant augmenté, puisqu'ils sont bloqués depuis des années. En revanche, il semblerait qu'une partie de cet argent ait été versé en primes diverses et variées à certains cadres ou hauts fonctionnaires chargés d'imposer aux salariés du rang la surcharge de travail.

Certains proviseurs, dans les lycées touchés par des suppressions de postes, ont ainsi perçu des primes exceptionnelles alors que les salaires des enseignants, eux, restaient bloqués. Encore une fois, Sarkozy et sa bande ont tout faux.

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