Hôpital de la Croix-Rousse (Hospices civils de Lyon) : Nora Berra à Lyon - courage, fuyons !19/10/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/10/une2255.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôpital de la Croix-Rousse (Hospices civils de Lyon) : Nora Berra à Lyon - courage, fuyons !

Nora Berra, secrétaire d'État à la Santé, devait inaugurer en grande pompe le 14 octobre le nouveau Bâtiment médico-chirugical (BMC) de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, ouvert depuis un an. La direction des Hospices civils de Lyon (HCL) n'a pas craint le ridicule en annulant cette visite au nom de « la sécurité des malades » et... des risques de débordements.

Il faut être vraiment hypocrite pour invoquer ce genre d'arguments quand c'est au quotidien que la sécurité des patients est mise en cause par le manque de personnel. Mais c'était sans compter avec la colère des hospitaliers de la Croix-Rousse et des techniciennes de laboratoire des HCL.

En effet, suite à la décision de réorganiser l'ensemble des laboratoires, entre 100 et 200 postes seraient appelés à disparaître dans les trois ans qui viennent sur les HCL. Et dès le début 2012, quelque 80 contractuels pourraient bien être les premiers remerciés.

Par ailleurs, au nom du remboursement de la dette de 900 millions d'euros contractée par les HCL, 200 postes sont supprimés chaque année, y compris des postes de soignants. En plus, pour gérer cette pénurie, la direction ferme des lits le week-end, comme par exemple en orthopédie 3C. Les effectifs sont donc réduits, mais le chef de service opère quand même à tour de bras en fin de semaine. Résultat : le week-end, l'infirmière et l'aide-soignante présentes ont entre treize et vingt malades à soigner au lieu des dix prévus en théorie, au mépris total de la sécurité des patients.

Enfin le personnel de l'hôpital voulait dénoncer l'envers du décor de ce BMC, réalisé par un prestigieux architecte mais fonctionnant avec un personnel en sous-effectif chronique. Sans parler des dysfonctionnements qui se multiplient depuis un an : problème d'étanchéité dans quelques chambres de malades en ORL, de climatisation qui fait alterner une chaleur tropicale dans une aile et un froid glacial dans les deux autres, de coupure d'eau chaude, comme le 11 octobre où les douches préopératoires ont dû se faire à l'eau froide, etc.

C'est donc chaleureusement que les techniciennes de labos de l'hôpital Édouard-Herriot, venues rejoindre leurs camarades de la Croix-Rousse, ont été accueillies et c'est à près de 250 que les manifestants ont défilé dans l'hôpital avant de se retrouver pour une manifestation improvisée mais dynamique dans les rues du quartier où les habitants leur ont témoigné à de multiples reprises leur soutien.

Partager