Montupet-Fonderie du Poitou Alu -- Ingrandes (Vienne) : La lutte continue et inquiète les patrons28/09/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/09/une2252.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Montupet-Fonderie du Poitou Alu -- Ingrandes (Vienne) : La lutte continue et inquiète les patrons

Lundi 26 septembre, les travailleurs de la fonderie châtelleraudaise sont entrés dans leur quatrième semaine de grève contre le plan de « compétitivité » de leur patron, le groupe de fonderie Montupet. Un plan qui prévoit une baisse de près de 25 % des salaires, assortie de la menace d'un « plan social » en cas de refus.

La compétitivité, c'est l'argument tous usages des patrons. Pour garder les marchés, pour en conquérir de nouveaux, pour sauvegarder les emplois, il faut être compétitif. Évidemment, cette mise en concurrence de tous contre tous ne profite qu'aux actionnaires, qui bénéficient d'une véritable échelle mobile de leurs dividendes quelle que soit la conjoncture, et qui n'en ont jamais assez. Jusqu'au jour où, comme ceux de la fonderie FDPA, les travailleurs décident que c'en est assez, et de se battre pour sauver ce qui leur est vital : leurs emplois et leurs salaires.

Vendredi 23 septembre, jour de manifestation à Poitiers, le préfet de Région a annoncé à l'intersyndicale qu'il avait obtenu l'accord de Magnan, le PDG de Montupet, pour une table ronde tripartite le 30 septembre. Évidemment, ces gens-là prennent leur temps, comptant sur l'épuisement des grévistes. Mais les grévistes tiennent bon, et considèrent que l'activation des représentants de l'État est la preuve que leur lutte commence à inquiéter. Si Raffarin dispense de bonnes paroles aux syndicalistes, si le préfet explique sur France 3 que, s'il osait, il qualifierait d'« excessif » le plan de Montupet, c'est que, dans le contexte d'attaques tous azimuts contre le monde du travail que nous connaissons, ils préféreraient que l'étincelle qu'entretiennent les fondeurs soit éteinte.

Évidemment, les pouvoirs publics se satisferaient pleinement d'un arrêt de la grève en échange de belles paroles. Les grévistes, eux, n'ont pas l'intention de lâcher la proie pour l'ombre. Ils ont même jeté un jalon vers leurs camarades de la fonderie Montupet de Laigneville, dans l'Oise, en y envoyant une délégation lundi 26 septembre. Le contact entre les grévistes et leurs camarades de Laigneville, auxquels Montupet impose un épuisant rythme de travail, a été chaleureux. Chacun sait bien que, si ceux de Châtellerault devaient plier sous l'attaque des patrons, le tour de ceux de l'Oise ne tarderait pas.

Jeudi 29 septembre, cinq cars étaient affrétés pour une nouvelle visite à Montupet Châteauroux, où les grévistes devraient être rejoints par des délégations de syndicats de la filière automobile. Comme le dit un de leurs slogans fétiches : « Des salaires de misère, on n'en veut pas ! » Toute la semaine, ils vont s'employer à le faire entendre plus fort encore.

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