Fillon et le recul de l'âge de la retraite : 62, 65, 67 ans... et après ?28/09/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/09/une2252.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Fillon et le recul de l'âge de la retraite : 62, 65, 67 ans... et après ?

Jeudi 22 septembre, le Premier ministre François Fillon a déclaré en passant qu'il convenait d'harmoniser l'âge légal de départ en retraite en France et en Allemagne. Or, s'il est en France désormais porté à 62 ans, il est actuellement de 65 ans en Allemagne et va augmenter progressivement pour atteindre 67 ans en 2030.

Avec cette phrase, Fillon veut montrer aux capitalistes que le gouvernement français en général, et lui en particulier, sont prêts à serrer encore plus la vis aux travailleurs. Car, s'il ne s'agissait que d'harmoniser les lois sociales européennes, rien n'interdirait de les aligner sur les plus favorables aux travailleurs. Mais c'est bien de recul de l'âge du départ en retraite qu'il est question. Les ministres vont donc resservir les prétendues raisons économiques déjà utilisées pour faire passer l'âge de la retraite de 60 à 62 ans et, auparavant, pour en finir avec les 37,5 annuités de cotisations.

Des millions de manifestants avaient affirmé, il y a un an, qu'ils n'y croyaient pas. Reculer l'âge de la retraite, c'est user encore plus les travailleurs, priver de précieuses années ceux qu'on rive au boulot, pousser vers la pauvreté ceux qui sont licenciés la cinquantaine venue. Et c'est aussi exonérer le patronat des cotisations sociales qu'il doit aux travailleurs.

C'est bien pourquoi la présidente du Medef, Laurence Parisot, a trouvé l'idée « excellente ». Elle en a même rajouté en expliquant qu'en 2030 « on sera à 67 ans comme à 62 aujourd'hui ». Pour elle et ceux de sa classe sociale, c'est probable. Pour ceux qui portent sur leurs épaules tout le poids de la société, c'est plus qu'un mensonge, c'est une marque de mépris abyssal.

Les services du gouvernement ont eu beau dire qu'aucune loi sur la retraite n'était actuellement à l'étude, les travailleurs savent à quoi ils peuvent s'attendre de leur part.

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