États-Unis : Troy Davis exécuté - L'infamie de la peine de mort28/09/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/09/une2252.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

États-Unis : Troy Davis exécuté - L'infamie de la peine de mort

Finalement, Troy Davis a été exécuté. Accusé du meurtre d'un policier en 1989, bien des éléments montraient une innocence qu'il a proclamée jusqu'au dernier moment. À trois reprises depuis 2007, son exécution avait été reportée. Après avoir attendu vingt ans dans le couloir de la mort, il a dû attendre quatre heures dans la salle d'exécution la réponse négative à son ultime recours.

De nombreuses personnes que l'on dit honorables ont participé à cet assassinat légal : des juges, mais aussi Barack Obama, qui n'est pas intervenu et n'a rien dit. « Le combat pour la justice ne s'arrête pas avec moi. Ce combat est pour tous les Troy Davis avant moi et tous ceux qui viendront après moi », a écrit la victime, la veille de son exécution.

La peine de mort existe encore dans une centaine de pays. Des exécutions ont eu lieu dans vingt-et-un d'entre eux en 2010. En France, cela ne fait que trente ans qu'elle est abolie, et des politiciens comme Marine Le Pen jouent parfois avec l'idée de la rétablir. C'est donc une question pleinement actuelle.

Ces dernières années plusieurs erreurs judiciaires ont fait la une des médias, comme l'affaire d'Outreau. De nombreuses personnes ont fait des années ou même des dizaines d'années de prison alors qu'elles étaient innocentes. Des doutes importants pesaient également sur la culpabilité de Christian Ranucci, l'avant-dernier condamné à mort exécuté en France en 1976. Troy Davis n'est donc pas la première victime dont on peut sérieusement douter de la culpabilité. C'est une raison supplémentaire de s'opposer à la peine de mort, cette peine irréversible qui ne règle aucun des problèmes qu'elle prétend régler dans le domaine sécuritaire.

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