Fête de L'Humanité : Mélenchon en vedette... et après ?21/09/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/09/une2251.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Fête de L'Humanité : Mélenchon en vedette... et après ?

Lorsque Jean-Luc Mélenchon a déclaré, devant les caméras qu'il se trouvait comme chez lui à la Fête de L'Humanité, ce n'était pas seulement qu'il s'y sentait bien. Il avait aussi l'attitude, un tantinet suffisante, de ces nouveaux propriétaires, fiers d'exhiber leur résidence.

Il est vrai qu'au cours de la fête du 16 au 18 septembre, les dirigeants du PCF avaient tout fait pour dérouler le tapis rouge, politique et médiatique, sous ses pas, et avaient mis à son service l'activité des milliers d'hommes et de femmes qui avaient permis que cette fête rassemble des centaines de milliers de personnes.

Ainsi l'ex-ministre de Jospin avait été chargé de prononcer le traditionnel discours du dimanche sur la scène centrale de la fête !

Prenant des poses de tribun, il a développé les thèmes qui seront au coeur de la campagne du Front de gauche. Non sans emphase !

Il appelait, par exemple à la révolution. Sans doute pour rassurer ceux que cela aurait pu effrayer, il précisait aussitôt qu'il s'agirait d'une « révolution citoyenne », par les bulletins de vote, sans expliquer par quel miracle on pourrait, cette fois, imposer aux capitalistes de sacrifier leurs intérêts pour l'intérêt commun.

Il menaçait les banques de leur appliquer des règles qui brideraient leurs appétits sans préciser comment il réussirait, par la simple force d'une majorité électorale, à imposer à ces banques un comportement différent de celui qu'elles pratiquent aujourd'hui.

Restent quelques propositions qui peuvent paraître plus concrètes, comme celle d'un salaire minimum de 1 700 euros brut, sans dire comment l'imposer. Ou encore celle de limiter les rémunérations des dirigeants des entreprises à vingt fois le salaire minimum, sans préciser que les revenus de ces gens-là ne proviennent pas que de leurs salaires ; et surtout sans expliquer en quoi le salaire légèrement limité de ces dirigeants permettra à ceux qui sont au bas de l'échelle de mieux vivre. Sans parler de ceux qui n'ont plus de travail et donc pas de salaire.

Mais, par-delà ces objections, ce que le candidat du Front de gauche omet de préciser, c'est que la mise en place de ce programme dépend de l'accord des dirigeants socialistes, que le Front de gauche veut rallier entre les deux tours de l'élection présidentielle. Et les socialistes disent et redisent qu'ils y sont opposés.

Rien que cela suffit à vider de tout contenu les propos de Mélenchon et du Front de gauche.

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