Contre le chômage et le recul du pouvoir d'achat : Nos exigences vitales07/09/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/09/une2249.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Editorial

Contre le chômage et le recul du pouvoir d'achat : Nos exigences vitales

Face au défi du désendettement, « les Français doivent plus que jamais être conscients de leur devoir », vient de déclarer le Premier ministre Fillon. Et d'ajouter : « Je parie sur le sang-froid et la lucidité. » Voilà cet homme, dans son costume bien taillé et avec son salaire confortable, qui parle de sang-froid à des femmes et des hommes du monde du travail, dont trois millions n'ont pas de travail du tout et trois autres millions vivent du salaire d'un petit emploi précaire ! Sans parler de tous ceux -- et ils sont des millions -- qui ont bien un emploi et un salaire régulier, mais dont le pouvoir d'achat baisse du fait des hausses de prix et qui sont à la merci d'un licenciement du jour au lendemain ! Alors, la « lucidité » pour les travailleurs, c'est de comprendre que le monde de Fillon et de ses semblables est celui de nos exploiteurs.

Le gouvernement ne loupe pas une occasion d'invoquer la dette pour justifier ses mesures d'austérité. Cette campagne gouvernementale est une vaste fumisterie, en même temps qu'un chantage en direction des travailleurs, pour qu'ils fassent passer au second plan leurs exigences légitimes et vitales.

Une dette, cela se paie ? Que la paient donc ceux au profit de qui elle a été faite ! L'État s'est endetté pour permettre aux banquiers de traverser une très mauvaise passe après la crise financière de 2008 et aussi pour sauver et accroître le profit de grandes entreprises comme Peugeot-Citroën, Renault et quelques autres. Ni les salariés, ni les chômeurs, ni les retraités n'ont vu la couleur des milliards empruntés aux banques, et sur lesquels l'État paye des intérêts qui enrichissent les banquiers et augmentent le montant de la dette.

Les ministres répètent avec des trémolos dans la voix qu'il faut accepter les mesures d'austérité, pour éviter que nos enfants ou les enfants de nos enfants se retrouvent endettés à leur naissance. Mais, avec les licenciements et l'effondrement du pouvoir d'achat, ce n'est pas dans une ou deux générations que le monde du travail sera poussé vers la pauvreté, mais aujourd'hui !

Il se trouve déjà des patrons pour soumettre leurs travailleurs au chantage auquel se livre celui des Fonderies Montupet : « Ou vous acceptez une baisse de votre salaire de l'ordre de 23 %, ou je licencie une partie du personnel » !

Face à ce patronat, face à ces ministres qui lui servent de porte-voix, nous avons à protéger notre emploi et le pouvoir d'achat de notre salaire, les deux seules choses qui nous permettent de vivre. Cette exigence est légitime. Ce sont les travailleurs, les salariés qui produisent tout dans ce pays, jusques et y compris les profits en croissance des grandes entreprises du CAC 40, les dividendes de leurs actionnaires et jusqu'aux salaires des ministres.

Préserver notre emploi et préserver le pouvoir d'achat sont des impératifs qui résument tout le reste, par-delà les revendications partielles, individuelles ou catégorielles. Ces deux impératifs unifient les intérêts de l'ensemble des travailleurs.

Pour se protéger du chômage, les licenciements doivent être interdits et le travail existant réparti entre tous, sans diminution de salaire. C'est possible à l'intérieur de bien des grandes entreprises, qui réduisent leurs effectifs dans une de leurs usines pendant que dans une autre on fait crever les salariés de fatigue. Et en réalité, c'est à peine plus compliqué à l'échelle de l'ensemble de l'économie, à notre époque d'ordinateurs et d'informations instantanées. Cela coûterait de l'argent ? Oui, mais de l'argent, la classe capitaliste en dispose ! La meilleure preuve en est l'ampleur de la spéculation, qui aboutit à faire partir en fumée des centaines de milliards.

Et, pour garantir le pouvoir d'achat des salaires et des pensions de retraite, il faut leur indexation automatique sur les hausses de prix.

Les patrons et leurs porte-parole nous expliqueront que ce n'est pas possible. Eh bien, qu'ils rendent donc publiques leurs comptabilités, afin que toute la population et en particulier leurs salariés puissent savoir comment ils accumulent leurs profits et ce qu'ils en font ! Et, pour commencer, il faut supprimer le secret des affaires derrière lequel patrons et banquiers préparent leurs mauvais coups. Entre les opérations financières et la survie de la société, il y a un choix à faire. Celui des capitalistes et celui des travailleurs sont diamétralement opposés.

Imposer ces exigences demandera une lutte collective massive et déterminée. Mais c'est le seul choix qui nous assure un avenir.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 5 septembre

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