Palmarès des riches : Champagne pour les exploiteurs !13/07/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/07/une2241.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Palmarès des riches : Champagne pour les exploiteurs !

Aujourd'hui, écrit Challenges, « la crise n'est plus qu'un mauvais souvenir » : nombre de grands capitalistes français ont vu, en un an, leur fortune augmenter de 10, 20, 30 % ou plus. Témoin Gérard Mulliez, le patron du groupe Auchan, dont la fortune a augmenté de 10,5 % cette année (ce qui fait tout de suite 2 milliards d'euros de plus !), François Pinault (+30,6 % cette année avec une fortune de 8,1 milliards) ou Vincent Bolloré, (+31 %). Une mention spéciale pour Robert Peugeot et sa petite famille, qui s'apprêtent à jeter à la porte 15 000 travailleurs et dont la fortune s'est accrue cette année de 33 %, passant de 2,2 à presque 3 milliards d'euros.

Le palmarès de Challenges a cet intérêt particulier cette année qu'il fait, pour les dix premiers du classement, un bilan des quinze dernières années. Les chiffres sont édifiants : entre 1996 et aujourd'hui, la fortune des dix bourgeois les plus riches a été multipliée par cinq, avec des hausses bien plus spectaculaires encore pour certains. Bernard Arnault est passé de 2,7 à 21 milliards d'euros, Pierre Castel (producteur de vin) de 457 millions à 4,5 milliards. Quant à Vincent Bolloré, qui a fait sa fortune en pillant les ressources de nombreux pays d'Afrique, sa richesse est passée en quinze années de 89 millions à 3,8 milliards.

Il est intéressant de noter que dans ce palmarès, au-delà des célèbres Bettencourt, Bouygues, Peugeot ou Dassault, on trouve dans les premières places des noms parfaitement inconnus du grand public : ils sont héritiers directs de grandes familles, comme Bertrand Puech, héritier d'Hermès, qui pèse 12,2 milliards d'euros, ou Emmanuel Besnier, petit-fils du fondateur des Fromageries Besnier et aujourd'hui patron de Lactalis, avec une fortune de 3,1 milliards.

Hausse du coût des matières premières oblige, certains capitalistes peu connus ont aussi touché le jackpot, le record de progression étant par exemple détenu par un certain François Perrodo, propriétaire « d'une rentable petite compagnie pétrolière, Perenco ». Rentable, c'est le mot : la fortune de ce monsieur a bondi de 500 % en un an, et est aujourd'hui de 1,2 milliard.

Ces parasites de luxe se sont donc fabuleusement enrichis ces dernières années. Ils l'ont fait en profitant de tous les avantages que leur offre le système capitaliste, notamment du fait que la France, bien loin de leurs jérémiades sur la pression fiscale qui les écrase, est, selon les termes de la revue Challenges pourtant peu suspecte d'anticapitalisme, « un quasi-paradis fiscal pour les mégariches ». Mais fondamentalement les sources de la fortune de ces grands bourgeois est toujours la même, depuis les débuts du capitalisme : l'exploitation, la spéculation et le pillage.

Tout comme reste la même la solution à la majeure partie des catastrophes qui frappent la société : leur expropriation par les classes populaires, sans un centime d'indemnisation.

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