En région parisienne : La police contre les Kurdes08/06/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/06/une-2236.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C163%2C226_crop_detail.png

Dans le monde

En région parisienne : La police contre les Kurdes

Samedi 4 juin, les policiers de la brigade antiterroriste se sont livrés à des arrestations et à des perquisitions dans les milieux kurdes de la région parisienne, simultanément dans le quartier de la gare d'Arnouville-Villiers-le-Bel dans le Val-d'Oise, et à Évry dans l'Essonne.

Cinq militants kurdes ont été arrêtés lors des interventions à la Maison de la culture kurde d'Arnouville et au Centre culturel de Mésopotamie d'Évry. Parmi les personnes arrêtées figurent trois responsables du parti nationaliste kurde PKK, partisan d'une autonomie de la région kurde de Turquie.

Devant l'intervention policière du Val-d'Oise, de nombreux habitants d'origine kurde en colère se sont rassemblés. Ils ont dû faire face à un déploiement massif de forces de police avec des dizaines de voitures, des charges de CRS, l'usage de gaz lacrymogènes et de flash-balls contre des voisins, pour beaucoup des commerçants et artisans, choqués de voir débarquer toute cette armada.

Plusieurs personnes ayant été blessées lors de ces incursions musclées, des manifestations ont été organisées le lendemain, 5 juin, à la gare de Villiers-le-Bel et à Évry, rassemblant respectivement 2 000 personnes environ et quelques centaines, pour protester à la fois contre les arrestations et la brutalité policière, et contre l'atteinte à la liberté d'opinion et d'expression que constitue toute cette opération.

Les manifestations protestaient à juste titre contre la répression contre les Kurdes de France et la demande d'extradition d'un militant du PKK, Nedim Seven, par le gouvernement d'Ankara. Ils craignent non sans raison que le sort de celui-ci pèse bien peu dans le jeu diplomatique du gouvernement Sarkozy-Fillon-Guéant à l'égard de ses homologues en Turquie.

Quant au déploiement de forces pour s'attaquer à des centres culturels kurdes et à leurs paisibles joueurs de cartes... il a tout d'une démonstration de propagande électorale.

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