Canal de Sicile : La tragédie des migrants08/06/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/06/une-2236.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C163%2C226_crop_detail.png

Dans le monde

Canal de Sicile : La tragédie des migrants

270 réfugiés, pour la plupart d'origine africaine et asiatique, ont disparu le 2 juin au large des côtes tunisiennes, en tentant de rejoindre l'île italienne de Lampedusa. Le chalutier sur lequel s'étaient entassés plus de 800 personnes est tombé en panne, puis a chaviré.

Depuis la chute du régime de Ben Ali et la contestation du régime de Kadhafi, chaque jour des dizaines de milliers de migrants risquent leur peau sur des embarcations de fortune pour fuir la Tunisie, la Libye, et plus généralement la misère qui sévit sur le continent africain.

Depuis le début de l'année, 40 000 migrants auraient débarqué à Lampedusa, espérant ainsi s'ouvrir les portes de l'Europe. Mais des centaines, voire des milliers d'autres ont trouvé la mort. Ainsi, le 6 avril, au moins 150 réfugiés somaliens et érythréens se sont noyés lors du naufrage de leur embarcation en provenance de Libye. Fin mai, ce sont 76 réfugiés fuyant la ville libyenne de Misrata, assiégée par les forces de Kadhafi, qui ont été secourus de justesse par la marine maltaise.

Selon l'observatoire Fortress Europe, au moins 1 615 personnes seraient mortes ou disparues depuis le début de l'année, en essayant de franchir le canal de Sicile en provenance de Tunisie, de Libye ou d'Égypte. Cela fait de cette partie de la Méditerranée un des plus grands cimetières marins du monde.

Selon la même source, depuis 1988 ce sont au moins 17 627 personnes qui auraient disparu, la plus grande partie en mer, en tentant de gagner l'Europe. Les chiffres en disent long sur la pauvreté et la misère qui frappent la grande majorité des habitants de la planète, et de l'Afrique en particulier, poussant toujours plus d'hommes et de femmes à risquer leur vie pour tenter d'y échapper. Et ils soulignent le scandale de cette tragédie humanitaire quotidienne à laquelle les dirigeants des grands États européens ne réagissent que par l'indifférence... quand ce n'est pas par de misérables polémiques sur l'accueil des réfugiés.

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