Seine-Saint-Denis : La nuit des écoles25/05/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/05/une-2234.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C165%2C227_crop_detail.png

Leur société

Seine-Saint-Denis : La nuit des écoles

Partout en France, à l'initiative de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves et des enseignants) des parents ont organisé des occupations d'écoles pour protester contre les suppressions de postes dans l'Éducation nationale. Partout, on se rend compte de la dégradation que ces suppressions engendrent à tous les niveaux. En France ce sont 1 500 classes qui disparaissent, deux tiers en élémentaire et un tiers en maternelle, alors que 4 900 nouveaux élèves sont attendus. Et c'est dans les villes populaires que les conséquences seront les plus dramatiques.

C'est pourquoi cette « nuit des écoles » a connu un franc succès en Seine-Saint-Denis, réunissant notamment à Saint-Denis plus de soixante parents à l'école Jules-Vallès, et à Saint-Ouen, à l'école Michelet, une quarantaine de parents. Cela a été l'occasion de parler avec les enseignants de la dégradation des conditions d'apprentissage pour les enfants mais aussi de se retrouver pour discuter du devenir de l'école.

Avant même ces nouvelles suppressions de postes, à la rentrée 2010 à Saint-Denis, il manquait de nombreux instituteurs qui n'avaient pas pu être nommés, faute d'un recrutement suffisant. Finalement les postes ont bien été pourvus en prenant sur le contingent des instituteurs remplaçants. Le résultat ne s'est pas fait attendre : quand un instituteur est malade, il n'est pas remplacé et les enfants sont répartis dans les autres classes, portant les effectifs par classe à 28, voire 31 enfants. Et c'est tous les jours que le même casse-tête se répète pour les directeurs d'école. Comment répartir les enfants ? Comment ne pas surcharger toujours le même enseignant ?

À Saint-Ouen, selon la déléguée de parents d'élèves, 66 % des demi-journées d'absence des enseignants n'ont pas été remplacées. Le quotidien de l'enseignant c'est d'avoir quasi en permanence maintenant 31 élèves, alors qu'il n'en avait que 26. Quant aux enfants, ils sont séparés des camarades qu'ils côtoient habituellement et baladés dans les classes. Et lorsque par bonheur il y a un remplaçant, c'est de plus en plus souvent un jeune étudiant non formé, jeté là par le rectorat et obligé de commencer son métier dans les pires conditions.

À cela s'ajoute la suppression des instituteurs formés pour aider les élèves en grande difficultés (les Rased). Dans certaines écoles, la disparition de maîtres formés à l'aide psychologique ou à une aide spécialisée laisse les enseignants complètement démunis. L'inspection académique oppose à ces revendications au mieux la langue de bois, au pire le mépris. Ce serait aux enseignants d'adapter leur pédagogie, répond-elle. Mais le constat fait par les enseignants et les parents est bien différent. Pour eux, il faudra agir comme en 1998 et opposer à ce mépris un mouvement d'ensemble des parents et des enseignants pour exiger des moyens supplémentaires, c'est-à-dire normaux.

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