Procès de la dioxine en Savoie : L'exploitant condamné... à une amende !25/05/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/05/une-2234.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C165%2C227_crop_detail.png

Leur société

Procès de la dioxine en Savoie : L'exploitant condamné... à une amende !

Le tribunal d'Albertville, en Savoie, a condamné à 250 000 euros d'amende une filiale de Suez-Environnement exploitant un incinérateur d'ordures construit à Gilly-sur-Isère, qui pendant des années avait pollué par ses fumées toxiques les communes situées dans un rayon d'une dizaine de kilomètres. L'entreprise devra aussi verser 80 000 euros de dommages et intérêts aux différentes associations qui s'étaient portées parties civiles.

La fermeture de cette usine appartenant à un syndicat intercommunal du secteur d'Albertville (Simigeda) avait été décidée en octobre 2001, après que des analyses eurent révélé un taux de dioxine, polluant cancérogène, dépassant 750 fois les normes autorisées. L'année suivante, constatant des cas anormalement élevés de cancers dans la région, près de 200 riverains avaient porté plainte pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui. La pollution avait également atteint le bétail de cette région d'élevage, où des milliers d'animaux durent être abattus, et elle avait contaminé les oeufs et les produits laitiers.

L'instruction dura cinq années, pendant lesquelles deux préfets furent mis en examen avant que la procédure ne soit annulée « faute de charges suffisantes » et que le Simigeda, présidé par le maire d'Albertville, ne soit dissous opportunément avant l'ouverture du procès ! Lors de celui-ci, qui se tint finalement en novembre 2010, des représentants des riverains manifestèrent leur colère devant le fait que personne n'était responsable : ni les élus locaux ni le Sigimeda, tandis que des expertises affirmaient qu'il n'y avait pas de « lien de causalité certain entre la pollution à la dioxine et les cancers ». Seule Norvegie, la filiale de Suez-Environnement, fut mise en cause, le procureur de la République ayant jugé « cynique de faire fonctionner cette usine pendant des mois et des mois et empoisonner l'environnement pour des raisons purement économiques ».

Les beaux discours sur l'écologie, sur la nécessité de protéger la nature et la santé des êtres vivants, les élus et les entreprises même les plus polluantes n'en sont pas avares. Mais ce procès illustre bien le mépris dans lequel ils tiennent les populations victimes de leurs agissements.

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