Maroc : Non à la répression !25/05/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/05/une-2234.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C165%2C227_crop_detail.png

Dans le monde

Maroc : Non à la répression !

Alors que se rapproche la date où le roi du Maroc est censé se prononcer sur les propositions de réforme de la Constitution, émanant d'une commission fabriquée sur mesure, les dernières manifestations organisées dans le pays le 22 mai à l'appel des jeunes du Mouvement du 20 février, non autorisées par le pouvoir, ont été durement réprimées par les forces de police, déployées en nombre.

La semaine précédente déjà, un pique-nique de protestation organisé le 15 mai à Témara, dans le sud de Rabat, pour dénoncer l'existence, dans les locaux de la Direction générale de la surveillance du territoire, d'un centre de détention secret où des opposants seraient détenus, maltraités et torturés, avait été violemment dispersé. Dans d'autres villes, des manifestants tentant de se rassembler avaient eux aussi été frappés et pour certains arrêtés. Entre-temps, moyen de pression supplémentaire, des opposants et blogueurs ont été les destinataires de lettres les dissuadant d'appeler à des manifestations.

Cette fois, à nouveau les jeunes et moins jeunes manifestants ont dû faire face à des uniformes déchaînés et lâchés en nombre contre ceux qui réclamaient la liberté d'expression et une limitation des pouvoirs de Mohammed VI. C'est un crime de lèse-majesté, apparemment, dans ce pays où le souverain se prétend à la tête d'un royaume « moderniste et démocratique » et accueille dans les réceptions aussi bien les grands de ce monde que les hommes qui sont le bras armé de la dictature.

Interpellé sur le sort de nombreux jeunes du pays deux jours plus tôt à Casablanca, à la sortie de la mosquée, par un groupe de « chômeurs diplômés », le roi s'est entendu lancer : « On veut du travail. » De nombreuses voix s'élèvent dans la population contre la pauvreté de la majorité, face à un pouvoir de privilégiés richissimes, amis des dirigeants européens et de l'aristocratie de la finance. La caricature d'assouplissement que promet le dictateur appuyé sur son makhzen - l'État et les institutions - est déjà bien mise à mal par la répression organisée le 22 mai dans les villes du royaume.

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