Centre hospitalier sud-francilien - Corbeil-Essonnes : L'hôpital public, vache à lait d'un promoteur immobilier25/05/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/05/une-2234.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C165%2C227_crop_detail.png

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Centre hospitalier sud-francilien - Corbeil-Essonnes : L'hôpital public, vache à lait d'un promoteur immobilier

Le 17 mai 2011, le nouveau centre hospitalier sud-francilien situé à Corbeil-Essonnes devait ouvrir ses portes. Mauvaise surprise : non seulement l'ouverture de ce centre hypermoderne qui devait contenir vingt blocs opératoires et mille lits est repoussée, mais le conseil d'administration de l'hôpital, qui doit pourtant commencer à payer, est aujourd'hui incapable d'en assurer le loyer. En effet, cet hôpital est le fruit d'un partenariat public-privé entre l'hôpital, c'est-à-dire l'État, et le promoteur immobilier Eiffage.

Le principe d'un partenariat public-privé est de laisser le financement de la construction à un promoteur immobilier, qui avance le capital et construit l'hôpital. Il loue ensuite le bâtiment à l'organisme public, pour une durée fixée, à l'issue de laquelle le bâtiment revient à la collectivité. Eiffage, qui a investi 344 millions d'euros, loue maintenant ces locaux 40 millions par an et ce pour trente ans. Il est censé assurer en contrepartie la maintenance du site. Quarante millions d'euros pendant trente ans, cela veut dire que le coût de l'hôpital sera de 1,2 milliard d'euros pour la collectivité, au lieu d'un investissement initial de 344 millions d'euros.

Autant dire que le grand gagnant est d'ores et déjà Eiffage, qui réalise ici un bénéfice substantiel. Cerise sur le gâteau, après que l'administration de l'hôpital a demandé des aménagements pour la sécurité, Eiffage a fait monter la facture de 100 millions d'euros, près d'un tiers du budget initial, ce qui augure bien de la suite. En effet les administrateurs de l'hôpital constatent maintenant que la moindre demande d'aménagement ou de simple maintenance sera facturée au prix fort par Eiffage.

Les autorités de tutelle de l'hôpital se demandent déjà comment sortir de ce partenariat et envisagent le rachat des bâtiments à Eiffage par l'État, par le biais de la Caisse des dépôts et consignations. Gageons qu'Eiffage, qui ne se montre aujourd'hui pas hostile à une telle négociation, y retrouvera ses petits, préférant sans doute un bénéfice immédiat et substantiel à une faillite de l'hôpital. Dans tous les cas, il aura fait de gros bénéfices sur le dos du service public.

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