Lycée professionnel Arthur-Rimbaud - La Courneuve (Seine-Saint-Denis) : Colère face à la surcharge des classes18/05/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/05/une-2233.gif.445x577_q85_box-0%2C12%2C166%2C228_crop_detail.png

Leur société

Lycée professionnel Arthur-Rimbaud - La Courneuve (Seine-Saint-Denis) : Colère face à la surcharge des classes

Mardi 10 mai, le lycée professionnel Arthur-Rimbaud de La Courneuve était en grève contre le passage de 24 à 30 élèves par classe à la rentrée prochaine dans la filière sanitaire et sociale. Pratiquement aucun cours n'a été assuré ce jour-là.

Lorsqu'en début d'année le rectorat annonçait qu'il prévoyait de supprimer le seuil de 24 élèves par classe et d'imposer un effectif de 30 élèves, la mesure avait déclenché la stupéfaction et la colère de l'ensemble du personnel de l'établissement situé en zone d'éducation prioritaire et prévention violence. Une journée « lycée mort » fut organisée le 13 janvier.

Face au silence du rectorat une nouvelle journée a donc eu lieu le 10 mai. À nouveau le lycée était désert, preuve que le refus du personnel reste unanime. Un piquet de grève a été mis en place devant le lycée. Des enseignants sont allés informer la population sur le marché voisin, où beaucoup de parents d'élèves ont fait part de leur indignation. Enfin, l'après-midi, par équipe de deux ou trois, nous avons rendu visite aux enseignants de douze établissements, écoles, collèges et lycées de La Courneuve.

Jeudi 12 mai, à la demande des enseignants, l'inspectrice de sanitaire et social est venue s'expliquer confirmant que la décision d'augmenter les effectifs provenait de la fermeture de la section sanitaire et sociale du lycée Sabatier à Bobigny, pour cause d'installations vétustes. Dès lors, le rectorat, qui n'a jamais envisagé de rénover les installations, en profite pour supprimer des postes, quitte à entasser les élèves dans des classes de trente.

À des enseignants des carrières sanitaires qui précisaient qu'il n'y avait pas la place de mettre par exemple suffisamment de tables à langer dans les salles de travaux pratiques, l'inspectrice a répondu : « Effectivement, vous devrez adapter votre pédagogie à cette contrainte. » À une enseignante d'anglais qui expliquait que les labos de langue n'étaient déjà pas équipés pour 24 élèves, elle a rétorqué : « Alors, puisque vous dites travailler de façon sous-équipée, vous avez donc l'habitude, vous pouvez continuer. »

Devant tant de désinvolture et de mépris, les enseignants étaient encore plus déterminés contre cette mesure irresponsable et les attaques qui frappent l'éducation.

Le jour de la grève, a été décidé un appel commun à une réunion vendredi 20 mai à 18 h, à la Bourse du travail. Organisée par les enseignants, parents d'élèves, élus de La Courneuve, dans le cadre de la nuit des écoles, elle dévoilera de façon concrète les mensonges de Luc Chatel, le ministre de l'Éducation.

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