Kosovo : Les trafiquants à la tête du pays « libéré » par l'OTAN04/03/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/03/une-2222.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Dans le monde

Kosovo : Les trafiquants à la tête du pays « libéré » par l'OTAN

Deux mois après des élections législatives qui s'étaient déroulées le 12 décembre dernier, les premières organisées au Kosovo depuis la proclamation de son indépendance en 2008, le Premier ministre sortant, Hashim Thaçi, un ancien chef de guerre accusé d'avoir trempé dans des trafics d'organes humains prélevés sur des prisonniers serbes assassinés, a conclu samedi 19 février un accord de coalition avec le parti d'un riche homme d'affaires, Behgjet Pacolli, et diverses autres formations communautaires turques, serbes et ashkalis. Thaçi conserve son poste de Premier ministre, tandis que Pacolli devient président.

Le Kosovo est l'une des régions les plus pauvres d'Europe. Près de la moitié de la population est au chômage et vit dans la plus grande pauvreté. La corruption est partout, et les crimes politiques ou mafieux font des centaines de victimes par an. Mais dans la capitale Pristina, ce n'est pas ce triste palmarès qui inquiète les diplomates des grandes puissances occidentales. Leur souci du moment, alors que des troubles sociaux ont éclaté récemment dans l'Albanie et la Macédoine voisines, est plutôt de s'assurer que la récente coalition gouvernementale restera stable, ce qui, au vu de sa composition hétéroclite, n'est pas gagné.

Le Kosovo, toujours sous tutelle de l'OTAN, est une ancienne région de l'ex-Yougoslavie démembrée sous les coups des démagogues qui ont attisé les nationalismes, dont celui des Kosovars, s'opposant au nationalisme serbe dominant. Et si des dirigeants comme Milosevic, défendant envers et contre tous la domination serbe, a sa part de responsabilités, l'éclatement se fit aussi sous le regard complaisant, si ce n'est avec la complicité des grandes puissances, en particulier dans le cas du Kosovo dont l'indépendance fut acquise après que l'OTAN eut bombardé Belgrade.

Contraint de se retirer du Kosovo, le gouvernement serbe dut céder la place en 1999 à une administration dirigée par un haut-représentant de l'ONU, Bernard Kouchner, qui pendant dix-huit mois eut pour charge de mettre en place une nouvelle administration et un système politique démocratique. Le résultat est aujourd'hui édifiant. Le démantèlement de l'ensemble que constituait la Yougoslavie a eu pour résultat un recul de l'économie et de mettre ses différentes régions sous la coupe de clans rivaux, quand ce n'est pas carrément de mafias comme dans le cas du Kosovo.

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