Nilvange (Moselle) : Les idées nauséabondes du FN n'ont rien à faire à la CGT23/02/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/02/une-2221.gif.445x577_q85_box-0%2C9%2C172%2C231_crop_detail.png

Dans les entreprises

Nilvange (Moselle) : Les idées nauséabondes du FN n'ont rien à faire à la CGT

Secrétaire du syndicat CGT des communaux de Nilvange, Fabien Engelmann a annoncé qu'il serait candidat du Front National aux prochaines élections cantonales en Moselle.

Les instances de la CGT se sont opposées, à juste titre, à son maintien à la tête du syndicat. En effet, être candidat du FN, ce parti qui dresse les travailleurs français contre les immigrés, qui est pour la retraite à 65 ans et dénonce les soi-disant privilèges des fonctionnaires... chacun peut comprendre que c'est contradictoire avec des responsabilités dans un syndicat - qui plus est de la Fonction publique - visant à défendre tous les salariés.

Car ce n'est pas de faire de la politique qui lui est reproché, comme le prétend, faussement ingénu, Fabien Engelmann, habitué à retourner sa veste. Il a été, malheureusement, tête de liste Lutte ouvrière à Thionville en 2008, il est passé ensuite au NPA, se présentant en seconde position sur sa liste en Moselle aux régionales de 2010, puis à Riposte laïque et aujourd'hui au FN.

Les gens peuvent changer? mais là il s'agit d'une véritable dérive. Lors du vote organisé dans son syndicat, Fabien Engelmann a été reconduit comme secrétaire par vingt voix contre trois. L'Union Départementale CGT a alors dissout le syndicat, en s'expliquant ainsi : « Les positions racistes et xénophobes du Front National étant totalement incompatible aux nôtres, nous avons tenté auprès du délégué syndical puis en assemblée générale des syndiqués, de leur faire abandonner leur position frontiste. Dans la mesure où ils sont restés sourds à nos arguments, en accord avec la Fédération des services publics..., l'UD a décidé de dissoudre le syndicat ».

En effet, en dressant les travailleurs les uns contre les autres, le FN défend une politique aux antipodes des idées du mouvement ouvrier. Certes, des ouvriers se sont fait abuser par la démagogie lepéniste et il y en a sans doute parmi l'électorat du FN en Moselle puisqu'il y a fait plus de 20 % au deuxième tour des élections régionales de 2010. Mais ceux qui revendiquent cette politique ne doivent pas pouvoir parler au nom d'un syndicat comme la CGT.

Penser que Marine Le Pen défend les petites gens parce qu'elle s'en prend de temps à autre aux financiers ou aux banquiers, c'est une profonde erreur. Les Le Pen, père et fille, sont socialement du côté de la bourgeoisie, et, politiquement, ils mettent tout en oeuvre pour que si les travailleurs se mettent en colère, cette colère se dirige contre les immigrés, contre les plus pauvres et les plus démunis, et surtout pas contre la bourgeoisie et les capitalistes responsables du désastre de la crise et du drame du chômage. Le mouvement ouvrier a besoin, non d'une politique visant à le diviser et à retourner sa colère contre les plus mal lotis, mais d'une politique de classe visant à ce que les travailleurs, quelle que soit leur origine, reprennent l'offensive contre le patronat.

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