Italie : Le chantage a du mal à passer19/01/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/01/une-2216.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Dans le monde

Italie : Le chantage a du mal à passer

Malgré le chantage à l'emploi, malgré une « information » aux ouvriers faite par le biais de toute la hiérarchie de l'entreprise, malgré les prises de position en sa faveur de la presse et du monde politique, Marchionne le PDG de Fiat n'a obtenu que de justesse un « oui » à l'accord qu'il veut imposer aux travailleurs de l'usine de Turin-Mirafiori. Les 54 % de « oui »au référendum organisé dans l'usine le 14 janvier n'ont été obtenus que grâce au vote des employés, non concernés par l'accord. À quelques voix près, celui-ci a été repoussé par la moitié du personnel ouvrier.

L'accord a été signé le 23 décembre par toutes les organisations syndicales, à l'exception de la Fiom - fédération de la Métallurgie de la CGIL, la CGT italienne - et des petits « syndicats de base ». Il prévoit la possibilité pour le patron d'augmenter et de modifier les horaires à sa guise. D'autre part, Fiat contraindrait les travailleurs à signer un contrat individuel avec une « New company » qui prendrait la place de l'entreprise actuelle et qui, n'étant plus membre de la confédération patronale Confindustria, ne serait plus engagée par les accords nationaux et les conventions collectives. La simple grève des heures supplémentaires deviendrait passible de licenciement. Enfin, seuls auraient droit à une représentation les syndicats signataires de l'accord, ce qui exclut la Fiom et les syndicats de base.

L'« accord » se résume ainsi à la dictature patronale pure et simple. Marchionne avait annoncé par avance qu'il était à prendre ou à laisser car, si les 50 % n'avaient pas été atteints, Fiat serait allée produire ailleurs, fermant Mirafiori et renonçant au milliard d'euros d'investissements envisagés par le groupe pour cette usine, des investissements sur lesquels d'ailleurs il a refusé de donner la moindre précision.

Marchionne et la Fiat se comportent en la matière comme la pointe avancée du patronat, décidée à remettre en cause les contraintes des accords nationaux, une grande partie de la législation sociale et même les droits syndicaux et le droit de grève. Cela fait partie d'une offensive concertée avec la Confindustria et le gouvernement, qui tous accusent la Fiom de défendre des droits ouvriers désormais archaïques face à la toute-puissante logique patronale. Or, non seulement elle trouve des syndicats prêts à donner leur caution à cette offensive, mais la CGIL elle-même, la confédération dont fait partie la Fiom, a fait pression pour que celle-ci donne à l'accord sa signature « technique »... afin d'avoir tout de même une représentation dans l'entreprise.

Le secrétaire de la Fiom Landini, avec raison, a répondu qu'il n'y a pas de signature « technique »: signer l'accord, ce serait l'approuver. Et tandis que la CGIL se refusait à envisager une journée de grève générale face à cette offensive, qui en effet concerne au fond tous les travailleurs, la Fiom appelle à une telle journée, au moins à l'échelle de la métallurgie, le 28 janvier.

Et en effet, c'est bien une riposte d'ensemble des travailleurs qui s'impose, d'urgence, à une offensive patronale qui vise à réduire à néant une grande partie des droits ouvriers.

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