Bonus bancaires : La saison des étrennes19/01/20112011Journal/medias/journalnumero/images/2011/01/une-2216.gif.445x577_q85_box-0%2C8%2C173%2C232_crop_detail.png

Leur société

Bonus bancaires : La saison des étrennes

Avec la nouvelle année vient la saison des bilans. Les six plus grands groupes bancaires français ont distribué à leurs traders 3 milliards d'euros de bonus en 2010, en hausse de 60 % par rapport à l'année précédente.

C'est ce que la ministre de l'Économie Christine Lagarde a commenté, en disant attendre des banques « qu'elles poursuivent leurs efforts de modération en 2011 » ! Quelques milliers de spéculateurs de haut vol se sont partagé des sommes astronomiques. Les 400 d'entre eux les mieux payés ont reçu 660 millions d'euros. Ces primes annuelles, qui dépassent ce que gagnent des milliers de salariés au cours de toute leur vie, sont bien sûr révoltantes. Mais elles ne représentent qu'une part de l'argent que brassent les institutions financières. En comparaison avec les bonus, les actionnaires d'une seule de ces banques, la Société Générale, se sont partagé 3 milliards d'euros, rien que pour les neuf premiers mois de 2010.

Au coeur de la tempête financière, les BNP, Société Générale et autres Crédit Agricole avaient reçu des milliards de l'État. Les banques avaient fait mine de s'engager à limiter les bonus des traders, qui étaient accusés alors d'être les responsables de la crise économique. Puis, les mois passant, elles avaient fait semblant de se montrer inquiètes lorsqu'en 2009 des règles avaient été adoptées pour limiter les rémunérations des traders. Mais ces banques ont été rassurées. Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international, chargé par le gouvernement français de surveiller l'application des nouvelles règles, si on peut appeler ainsi ces recommandations très floues, a signalé dans les conclusions d'un rapport rendu ce mois-ci la « modération et la transparence » dans la rétribution des traders par les banques françaises. Une augmentation de 60 % de leur rétribution, c'est ce que ce spécialiste qualifie de modéré. Chacun ses lunettes.

Cela montre ce que valent des propos sur la moralisation du système capitaliste. Ce contrôle des banques et des financiers, seuls les travailleurs pourront le rendre effectif.

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