Seafrance Calais : La compagnie maritime en plein naufrage social08/12/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/12/une-2210.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C164%2C226_crop_detail.png

Dans les entreprises

Seafrance Calais : La compagnie maritime en plein naufrage social

En ce début décembre, 230 salariés de Seafrance vont recevoir leur lettre de licenciement. En tout, le plan prévoit 725 suppressions d'emplois. Au bout du compte, sur plus de 1 500 travailleurs à l'effectif en 2009, il n'en resterait plus que 900, avec quatre ferries au lieu de six et des traversées en moins.

La société Seafrance est, encore à ce jour, une filiale à 100 % de la SNCF. Elle a vocation à être un service public dans le lien maritime entre la France et l'Angleterre. La privatisation rampante à la SNCF, avec la recherche du profit au détriment de l'intérêt des usagers, a aussi de graves conséquences sur la compagnie maritime.

En 2006 et 2007, Seafrance a réalisé un bénéfice de 8 et 15 millions d'euros. À partir de 2008, la baisse de trafic a commencé à se faire sentir, s'est accrue en 2009 et elle est encore de 15 % pour les neuf premiers mois 2010. Cette baisse d'activité s'explique par les effets de la crise sur le transport routier et la baisse de fréquentation des touristes anglais. Dans le déficit, il faut aussi tenir compte de la hausse du coût du combustible et la chute du cours de la livre sterling.

Pour combler le déficit, la SNCF ne veut plus mettre la main à la poche. En juillet 2010, la direction de Seafrance s'est placée en redressement judiciaire, en invoquant 36 millions d'euros de pertes en 2009 et 15 millions pour les quatre premiers mois de l'année 2010. Le but de l'opération est d'obliger les syndicats à négocier un nouveau plan de suppressions d'emplois de 725 salariés, au lieu de 460 initialement envisagées début 2010. Elle veut contraindre le personnel à se résigner à ce naufrage social, au nom de la survie de l'entreprise.

En avril 2010, le personnel de bord a fait grève cinq jours pour protester contre le plan de licenciements, la baisse des salaires et la remise en cause des conditions de travail. Les salariés les plus menacés sont ceux de la restauration et des services à bord. La direction avait déclaré que cette grève entraînerait la mort de la compagnie.

Face à ces licenciements, les syndicats sont divisés. La CFDT, syndicat majoritaire, joue le chaud et le froid dans les négociations. Un jour, les responsables sont radicaux en paroles et le lendemain, ils sont plus conciliants. Quant à la CGT, plus présente chez les mécaniciens et les officiers de bord, elle est sur une ligne d'accompagnement du plan social, afin de sauver, selon ses propos, l'avenir de la compagnie. En tout cas, la guéguerre syndicale désoriente les travailleurs et ne facilite pas leur mobilisation.

En novembre, le président de la SNCF a déclaré rechercher un repreneur pour la compagnie maritime. Quatre sociétés se sont mises sur les rangs. La direction de Seafrance a demandé la prolongation de la mise en redressement judiciaire jusqu'en avril 2011. Les travailleurs ne pourront décidément compter que sur leur combativité et sur leur union pour sauver leurs emplois et leurs salaires.

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