PSA Rennes : Nouvelle équipe de nuit et salaires au rabais08/12/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/12/une-2210.gif.445x577_q85_box-0%2C14%2C164%2C226_crop_detail.png

Dans les entreprises

PSA Rennes : Nouvelle équipe de nuit et salaires au rabais

L'usine de Rennes a été choisie pour tester les nouveaux horaires de nuit que PSA veut utiliser, autant que de besoin, dans les usines du groupe en France. Cette initiative a été saluée par les médias, et par beaucoup de syndicats, comme un signe de bonne santé et un espoir, dans cette période de crise économique où l'industrie automobile serait malmenée.

Malgré cette orchestration médiatique, dans les ateliers tout le monde a vite compris qu'il ne s'agissait pas d'un espoir, mais d'une aggravation des conditions du travail de nuit.

Cette équipe de nuit est à horaire variable, c'est-à-dire qu'elle peut être d'une durée de 4 à 8 heures, selon les besoins de la production, avec une moyenne annuelle de 28 heures par semaine. La direction promet un revenu mensuel d'équipe de jour majoré d'environ 50 euros, auquel devraient s'ajouter, en fin d'année, le paiement d'heures dites complémentaires, c'est-à-dire majorées de 25 %, si l'horaire moyen annuel dépasse de plus de 10 % les 28 heures par semaine.

Comme personne ne sait si l'équipe de nuit durera douze mois, personne ne peut savoir ce qui sera versé en fin d'année, mais tout le monde peut comprendre que, faire les nuits flexibles du système PSA, cela veut dire avoir les contraintes du travail de nuit sans compensations substantielles.

C'est tellement bien compris que deux mois après le lancement de la recherche de « volontaires », la direction est toujours obligée d'envoyer des cadres dans les ateliers pour essayer de convaincre. Et ça marche tellement mal que, pour réussir son coup, elle propose le travail de nuit comme seule possibilité de retour à Rennes pour ceux d'entre nous qui ont accepté d'aller temporairement travailler dans d'autres usines. Elle compte aussi sur le chômage de masse, qui frappe actuellement la classe ouvrière et lui permet de piocher dans les fichiers des boîtes de recrutement, pour trouver une bonne partie des ouvriers précaires dont elle a besoin. Dans la presse, cela se traduit par des formules réconfortantes du genre « PSA embauche » !

Faire du chantage au retour pour les uns et profiter de la peur du chômage pour les autres : voilà les deux piliers avec lesquels PSA espère réussir son équipe de nuit au rabais.

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