PSA - Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Suppressions d'emplois et répression contre les militants24/11/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/11/une-2208.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C240%2C323_crop_detail.png

Dans les entreprises

PSA - Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Suppressions d'emplois et répression contre les militants

L'argent coule à flot dans les poches des actionnaires de PSA, et la direction a pu se vanter d'avoir 10,3 milliards d'euros de cash dans ses caisses. Mais les suppressions d'emplois continuent. Et la direction tente - sans succès - de briser ceux qui relèvent la tête.

En cinq ans, ce sont 17 500 emplois qui ont disparu dans le groupe PSA. Et maintenant à l'usine d'Aulnay, après avoir fermé l'équipe de nuit et mis à la porte 500 intérimaires en octobre, la direction voudrait encore supprimer 280 emplois. Le prétexte est comme d'habitude un « sureffectif » qui n'existe que dans les discours du patron : tous les ouvriers savent, vu la charge de travail et les cadences qu'ils doivent subir, que c'est d'un sous-effectif chronique que souffre cette usine, depuis des années !

Pour faire croire que cela va mal, alors que ses ventes ont augmenté de 17 % sur les neuf premiers mois de l'année, la direction d'Aulnay programme cinq jours de chômage qui ne lui coûtent pas très cher : une convention APLD (activité partielle de longue durée) est signée avec l'État pour les financer, avec comme contrepartie l'engagement de maintenir l'emploi ! On le voit, PSA empoche la monnaie et continue ses licenciements.

C'est dans ce contexte que la direction prépare, à sa façon, les élections professionnelles qui doivent avoir lieu en janvier. Éffrayée à l'idée de voir s'effondrer son syndicat maison, le SIA - comme c'est le cas dans toutes les usines du groupe en France -, elle joue à la fois de la provocation et de la répression. C'est ainsi qu'un jeune délégué CGT du Montage, Ahmed Berrazzel, est aujourd'hui menacé de licenciement.

La direction s'acharne sur lui depuis longtemps : il a été quatre fois sanctionné en deux ans, ce qui lui a valu 18 jours de mise à pied. Le 25 octobre, il était convoqué pour une cinquième sanction. Ce jour-là, 80 ouvriers l'accompagnaient à son entretien préalable en criant : « Non aux discriminations ! »

Trois jours plus tard le SIA sortait un tract parlant de débordements, de « chasse à l'homme » imaginaire contre un chef, en exigeant des sanctions. Et la direction sortait dans le même temps une note de service du même genre, ne tardant pas à envoyer une sixième convocation à Ahmed, cette fois-ci pour son licenciement.

De nombreux travailleurs ont compris la provocation et organisé sa défense : une pétition a recueilli 1 100 signatures en quelques jours et mardi 23 novembre, le jour de sa convocation, 400 ouvriers ont débrayé. Mais surprise : lors de son entretien préalable, la prétendue « chasse à l'homme » a disparu et, à la place, la direction lui reproche d'avoir perturbé l'entretien en vue de sa cinquième sanction ! Cela frise le ridicule.

Personne n'est dupe des basses manouvres de la direction : celle-ci veut essayer de s'en prendre à un militant et à un syndicat qui dénoncent la dégradation des conditions de travail, pour tenter de faire passer ses 280 suppressions d'emplois.

La menace demeure donc, et les travailleurs qui ont fait grève pour Ahmed restent mobilisés.

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