Hôpital Tenon - Paris 20e : Quand le personnel cherche à se faire entendre24/11/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/11/une-2208.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C240%2C323_crop_detail.png

Dans les entreprises

Hôpital Tenon - Paris 20e : Quand le personnel cherche à se faire entendre

Le mouvement de grève continue à l'hôpital Tenon. Ce mouvement, commencé le 27 septembre 2010, a touché tour à tour différents services et plus particulièrement la Cancérologie-radiothérapie, les Urgences, la Néphrologie-dialyse. La colère est due au manque d'effectifs dans les services qui épuise et fait fuir une partie des soignants recrutés, entretenant une souffrance permanente du personnel restant.

Avec le manque de personnel chronique et l'obligation de service minimum, la grève signifie être assigné, et donc continuer à travailler. La direction a répondu à ce mouvement par des discussions sans fin et des promesses d'amélioration... aux calendes grecques. Les services les plus combatifs ont alors recherché d'autres moyens de pression avec les arrêts de travail collectifs et l'exercice du droit de retrait le 12 novembre dans le service des Urgences. La direction a riposté en contestant le droit de retrait et en convoquant le personnel concerné à des entretiens individuels au siège central de l'Assistance publique.

L'émotion suscitée par ces convocations et le fait que l'inspection du travail ait validé ce droit de retrait ont amené la direction à reculer en partie. La DRH centrale s'est déplacée elle-même à Tenon et l'entretien s'est transformé en entretien collectif avec présence des syndicats. Le personnel de l'hôpital attendait derrière la porte la fin de la réunion pour obliger la DRH à écouter ce qu'il avait à dire de la situation.

Vendredi 19 novembre ont débuté des négociations au niveau du groupe hospitalier dont fait partie Tenon. La direction promet le recrutement de 49 infirmières, étalé jusqu'en mars 2011, 24 aides-soignants embauchés en CDD de cinq mois, une prime de 500 euros supplémentaires qui s'ajoutera à celle habituellement versée en décembre pour assiduité, une priorité pour des places en crèche ainsi que le passage en commission d'attribution d'un logement ou d'une chambre pour le premier semestre 2011. Un engagement pour des commandes de matériel a également été fait.

Il n'y a pas là en réalité de déblocage des crédits : les recrutements promis concernent des points budgétés mais non pourvus. Quant aux primes supplémentaires, elles sont généralement prélevées sur l'argent des primes semestrielles amputées pour les agents en arrêt maladie ou ayant eu des sanctions disciplinaires.

Même pour que ces quelques promesses se réalisent et soient pérennes, la mobilisation devra encore continuer.

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