Cooper-Bolbec (Seine-Maritime) : Quand l'État aide aux suppressions d'emplois24/11/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/11/une-2208.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C240%2C323_crop_detail.png

Dans les entreprises

Cooper-Bolbec (Seine-Maritime) : Quand l'État aide aux suppressions d'emplois

Les actionnaires de l'équipementier automobile Cooper Standard France viennent d'annoncer leur volonté de fermer l'usine de Bolbec, en Haute-Normandie, début 2011. Cela se ferait directement avec le soutien financier de l'État.

En novembre 2008, Sarkozy, qui vantait alors l'utilité d'un Fonds stratégique industriel (FSI) censé aider l'industrie française, avait lancé le slogan : « Mettons l'argent public pour le travail ». Mais aujourd'hui, ce même FSI, via le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), participe à la fermeture de Cooper au motif que l'usine manquerait de rentabilité face à son concurrent direct, la Barre-Thomas, à Rennes. C'est du moins ce que prétend le directeur du FMEA, Hervé Guyot.

Il y a quelques mois, le FMEA a décidé de racheter les parts d'un des sept actionnaires de Cooper Standard France, permettant ainsi à l'État de devenir actionnaire de l'entreprise. Et comme le FMEA, dixit son directeur, n'entend pas « sauver les canards boiteux », 284 salariés du site de Bolbec devraient être licenciés. Douze d'entre eux se verront offrir un reclassement à proximité, à Lillebonne, et vingt autres en Bretagne. Pour les autres, rien.

Le 16 juillet dernier, Hervé Guyot, déjà interpellé sur des rumeurs de fusion et d'utilisation de fonds publics pour financer des destructions d'emplois, avait tenté d'être rassurant : « Aucune décision d'investissement formelle n'a été prise en ce sens », écrivait-il. Mais il précisait que les dirigeants du site de la Barre-Thomas de Rennes avaient « envisagé un rapprochement pour mutualiser leurs capacités nécessaires au maintien de leur compétitivité » et que « ce projet de regroupement permettrait ainsi de sauver 1 600 emplois en France », dont la totalité des 1 300 emplois du site rennais. Pourtant, rien n'est moins sûr au regard des précédents plans sociaux qui ont touché le site de la Barre-Thomas depuis 2006.

Les salariés de Cooper, eux, sont bien décidés à ne pas se laisser faire. Jeudi 18 novembre, ils ont organisé un meeting de soutien où des salariés de Renault Cléon, de Renault Sandouville, de Sealinx Charleval, de la pétrochimie du Havre, ainsi que des habitants de Bolbec ont participé. En tout, 200 personnes qui sont dès aujourd'hui mobilisées pour imposer que pas un seul emploi ne soit supprimé.

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