Retraites : La baisse des pensions, bonne affaire pour la finance03/11/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/11/une-2205.gif.445x577_q85_box-0%2C7%2C174%2C233_crop_detail.png

Leur société

Retraites : La baisse des pensions, bonne affaire pour la finance

Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas et délégué général du groupe de retraite complémentaire Malakoff-Médéric, prépare la création en janvier prochain de la société Sevriena, en fait un fonds de pension pour capter une partie de l'épargne des salariés qui essaient d'anticiper une baisse programmée de leur future pension de retraite.

L'objectif est de récupérer une fraction des salaires afin de financer une retraite dite par « capitalisation », qui utiliserait les fonds ainsi récupérés sur les marchés financiers. Cela s'ajouterait évidemment à la cotisation retraite qui est déjà un prélèvement injuste sur les salaires dans le système actuel dit par « répartition ».

Le projet du frère Sarkozy n'est pas le seul en lice. Outre Malakoff-Médéric, des compagnies d'assurance (Axa, Aviva), des banques (BNP Paribas, Crédit Agricole, Dexia, La Banque postale) et autres poids lourds (GDF Suez, Lafarge, BP) sont sur les rangs. Ils ont constitué une association qui « a pour ambition d'accompagner avec professionnalisme et rigueur la croissance des fonds de pension (...) en complément des régimes par répartition ».

Déjà, en mars 2009, un document préparatoire à la société que veut fonder Guillaume Sarkozy soulignait l'aubaine que représente la baisse continue des retraites depuis des années. La pension de retraite représente une part de plus en plus faible du salaire que touchait le salarié en activité. Selon ce document préparatoire, elle pourrait passer en moyenne des trois quarts du salaire (74,1 %) à la moitié (52,2 %). Le marché que visent les financiers table donc sur le fait que les salariés pourraient compenser leur manque à gagner en ayant recours à l'épargne placée dans les fonds de pension : 40 à 110 milliards d'euros prélevés sur les salaires tomberaient ainsi dans leur escarcelle.

De telles sommes iraient gonfler la spéculation sur les marchés financiers, avec le risque que les salariés ne voient jamais la couleur de cette retraite par capitalisation. Quant à tous ceux, travailleurs précaires ou chômeurs qui, de toute façon, tomberaient dans la misère parce qu'ils ne peuvent se payer une telle épargne, ils n'intéressent pas les financiers.

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