Molex - Villemur-sur-Tarn (région toulousaine) : Les bandits capitalistes à l'oeuvre03/11/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/11/une-2205.gif.445x577_q85_box-0%2C7%2C174%2C233_crop_detail.png

Dans les entreprises

Molex - Villemur-sur-Tarn (région toulousaine) : Les bandits capitalistes à l'oeuvre

Il y a d'abord eu l'annonce faite par les dirigeants du groupe américain Molex de ne plus financer le plan « social » des 300 salariés de l'usine de Villemur fermée en 2009. Ils se disaient « choqués » que 188 licenciés aient eu l'outrecuidance de saisir le conseil des prud'hommes.

Sont arrivés ensuite les résultats de Molex : 75,1 millions de dollars, le chiffre d'affaires ayant augmenté de 33 % en un an. Le PDG s'est même félicité de ce que « les revenus et le bénéfice par action aient atteint un record absolu en septembre ». Records qui se sont traduits par une augmentation de 14,8 % du dividende versé aux actionnaires.

Pour finir, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a pris position contre les agissements de Molex en affirmant qu'il était temps « de mettre fin à ce genre de comportements ». Il s'est contenté de demander à Molex de « s'expliquer devant la justice française ». Molex, qui a déjà été condamné à plusieurs reprises, en tremble encore !

Estrosi a aussi demandé « à Renault et à PSA de cesser toute commande à l'égard de Molex », simple demande qui, non accompagnée de mesures contraignantes, ne gênera nullement Renault et Peugeot. « Comment peut-on mépriser autant les engagements qui ont été pris ? » aurait renchéri Estrosi. Il est vrai qu'il s'y connaît en matière d'engagements méprisés. C'est lui qui avait suivi le dossier Molex et qui s'était engagé à trouver, d'abord un repreneur, puis des reclassements. Aujourd'hui, faute de l'un et des autres, il en est réduit à faire des déclarations outragées qui feront sans doute sourire outre-Atlantique.

Estrosi a promis que l'État règlera les sommes dues aux travailleurs par ce mauvais payeur de Molex. Mais il y a un autre groupe capitaliste contre lequel il aurait pu se retourner, et depuis le début, s'il voulait à ce point défendre les intérêts des licenciés. C'est un groupe bien français qui s'était débarrassé de l'activité connectique automobile de Labinal en la vendant à Molex en 2004 : la Snecma.

Auparavant, les dirigeants de la Snecma avaient fait la même chose avec l'activité câblage automobile de Labinal en la vendant à Valeo, qui avait fermé les deux usines de Cahors et Labastide-Saint-Pierre, mettant à la rue plusieurs centaines de travailleurs. Dans les deux cas, les dirigeants de la Snecma ont bel et bien « sous-traité » les licenciements.

Les travailleurs licenciés de Molex, qui sont présents à toutes les manifestations ouvrières, ont raison de rester mobilisés pour défendre leurs intérêts. Comme disait l'un d'eux : « On nous a trop roulés dans la farine, on ne fait plus confiance à personne ! »

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