Les jeunes dans le mouvement : Ils ne veulent plus de la galère !20/10/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/10/une-2203.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C168%2C229_crop_detail.png

Leur société

Les jeunes dans le mouvement : Ils ne veulent plus de la galère !

En quelques jours, le ton des politiciens au gouvernement et des médias qui les soutiennent a changé. Ils évitent désormais de parler directement de lycéens « manipulés », formule méprisante suggérant qu'ils n'ont pas de point de vue sur les attaques gouvernementales en cours, et n'ont pas à en avoir puisqu'ils ne seraient pas concernés. Les jeunes sont présents, et bien présents, dans les grandes journées de manifestations comme dans les rassemblements qui s'organisent chaque jour un peu partout.

Chaque jour, des centaines, des milliers de jeunes se rassemblent devant un lycée ou dans un centre-ville, rejoignant souvent une manifestation de travailleurs en grève, d'enseignants ou de cheminots. Les blocages de lycées, les barrages de rues ou d'accès, organisés souvent à l'appel des syndicats lycéens proches du PS, UNL et FIDL, se font avec l'approbation d'une grande partie des jeunes, leur permettant ensuite de participer aux rassemblements locaux ou aux manifestations régionales.

Malheureusement, en marge de ces blocages ou de ces manifestations locales, on déplore aussi la présence de petits groupes de jeunes dont le but n'est visiblement pas d'exprimer leurs idées sur la « réforme » des retraites. Et l'activité de ces groupes, qui peut être de soulager de leur portable certains lycéens, de cabosser des voitures, d'y mettre parfois le feu ou de briser du mobilier urbain, a surtout pour conséquence de servir de justification aux interventions brutales de la police, qui ne fait pas dans le détail, gaze, frappe à qui mieux mieux, et interpelle casseurs ou manifestants, quand elle ne laisse pas des blessés sur le terrain.

Ces jeunes-là sont à l'évidence bien peu conscients des tares de la société qui les rend tels qu'ils sont, individualistes, machistes et fiers de leur appartenance à une bande, et jouent en réalité le jeu du pouvoir, le jeu de ceux contre lesquels, précisément, les centaines de milliers de manifestants descendent dans la rue. Mais les autres, tous les autres, les lycéens et les étudiants qui réfléchissent, discutent, protestent contre les attaques du gouvernement et du patronat, ne se trompent pas de combat, comme le leur reprochent les conseilleurs du camp d'en face.

« Quand je vois mon père rentrer le soir, comme il est fatigué, je me dis : qu'est-ce que ça va être pour nous ?» se demandait une lycéenne d'Hazebrouck, citée par la presse. Beaucoup jugent injuste et dangereuse la décision de reculer l'âge de départ en retraite, alors que, pour la plupart d'entre eux, trouver un emploi stable relève de la gageure. Ils le savent, puisque 25 % de leur classe d'âge, parmi ceux qui cherchent un travail, sont au chômage. Beaucoup savent également que l'argument de la « démographie », selon lequel il faudrait bien travailler plus longtemps puisqu'on vit plus vieux, n'est qu'un mensonge. Ils savent que, derrière cette charge contre les retraites, il y a un gouvernement au service exclusif des plus riches, et dont les cartons débordent d'attaques contre le monde du travail.

Et tant mieux s'ils se joignent, de plus en plus nombreux, au mouvement de tous ceux qui veulent faire reculer ce gouvernement et le patronat qu'il sert !

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