Centrale EDF de Cattenom (Moselle) : Prestataires pas prêts à se taire01/09/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/09/une2196.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Centrale EDF de Cattenom (Moselle) : Prestataires pas prêts à se taire

Jeudi 26 août, 70 travailleurs de l'entreprise sous-traitante Polinorsud faisaient le piquet devant la centrale nucléaire de Cattenom. Ils avaient installé des tables, chaises et barbecue avec une caisse de solidarité à la porte. Sur la porte d'entrée, une banderole « Merci EDF » pour protester contre le fait qu'ils sont dans l'incertitude de leur avenir après que leur employeur, Polinorsud, a perdu le marché avec EDF pour intervenir sur la centrale.

Ces travailleurs - certains sont employés depuis le démarrage de la centrale il y a vingt ans - font des travaux de calorifugeage et d'échafaudage. Mais voilà, au jeu des appels d'offres bien obscurs, ce sont deux autres sociétés, Spie Nucléaire et Preziozo, qui ont repris le marché, deux filiales du groupe Suez.

Bien sûr, une partie des 114 travailleurs de Polinorsud, sans compter les CDD, seront repris par les deux vainqueurs de l'appel d'offres. Car les entreprises postulent à ces appels d'offres sans avoir le personnel pour réaliser le travail. Mais à quelles conditions de salaire et de travail seront-ils repris ? Preziozo a clairement dit que ceux qui travaillent à Cattenom devront aussi aller faire des chantiers à Fessenheim, en Alsace. Et quel sera l'avenir de ceux qui ne seront pas repris ?

Pendant des années, EDF a demandé à ces travailleurs de faire des heures supplémentaires, d'être disponibles en permanence, y compris le dimanche. Les anciens du site se souviennent encore les avoir vus le week-end à l'organisation de la course « Tout Cattenom court » en tant que « bénévoles ».

Toute l'année 2011 étant très chargée en travaux à la centrale, on leur demande de préparer maintenant les chantiers de gros entretien à venir, mais pendant six mois seulement... avant de les mettre à la porte ! Et cela les révolte.

C'est pour exiger des garanties que les travailleurs de Polinorsud se sont mobilisés, soutenus par leurs syndicats et ceux du site d'EDF. Garanties qu'ils réclament depuis des semaines sans que les directions daignent leur préciser les conditions de transfert d'une entreprise à l'autre, surtout en ce qui concerne les primes - qui représentent une partie importante de leur revenu - et les conditions de travail.

Ils ont déjà fait plusieurs débrayages. Mais le 26 août, c'était la grève totale. Ils ont prévu de se mobiliser et de se rassembler le 7 septembre à la porte de Cattenom, pour dénoncer la façon dont EDF traite les salariés de la sous-traitance - ils sont 22 000 à l'échelle nationale à participer au fonctionnement quotidien des centrales, pour 20 000 agents EDF employés dans le nucléaire.

EDF joue les pyromanes en mettant en concurrence les entreprises sous-traitantes (sans parler des règlements de comptes ou des arrangements entre patrons d'entreprises sous-traitantes), leurs actionnaires et EDF. Tout cela n'est pas sans conséquences pour la sécurité des installations, car cette valse de sous-traitants désorganise le travail.

En tout cas, les travailleurs de Polinorsud refusent de faire les frais de l'opération.

Partager