Égalité hommes-femmes : Discriminations salariales et préjugés25/08/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/08/une2195.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Égalité hommes-femmes : Discriminations salariales et préjugés

Une toute récente étude, publiée par l'OFCE, a confirmé et précisé les discriminations salariales dont sont victimes les femmes, notamment du fait de leurs maternités.

Dans la tranche d'âge des femmes de 39 à 45 ans, où 86 % sont salariées, elle a mis en évidence le fait que les femmes qui se sont arrêtées pour élever un ou des enfants (42 % de la population féminine) sont en moyenne 22 % moins bien payées que leurs collègues qui ne se sont pas arrêtées au-delà de leur congé maternité. L'étude relève qu'elles sont plutôt moins diplômées et qu'elles ont plus souvent dû changer d'employeur, accumulant moins d'expérience dans le poste et moins d'ancienneté.

L'étude compare ensuite le salaire des femmes n'ayant pas interrompu leur carrière, même en cas de maternité, avec celui des hommes. Elle observe que ces femmes travaillent en moyenne dans des secteurs moins rémunérateurs, font moins d'heures supplémentaires et travaillent moins souvent en horaires décalés que les hommes, mais que cela n'expliquerait pas totalement l'écart de rémunération de 17 % en leur défaveur par rapport aux hommes, car elles sont en moyenne plus diplômées qu'eux et elles ont plus d'ancienneté sur le marché du travail. Et de conclure qu'une part énorme de cet écart - quantifiée à 70 % - serait due au simple fait que les employeurs les considéreraient comme « à risque », le risque étant qu'elles pourraient quitter l'entreprise pour des raisons familiales, maternité ou autres : la discrimination super injuste en quelque sorte !

Et cette étude a connu un regain de publicité du fait que la Cour de cassation a récemment rendu un arrêt qui prenait en compte l'argument d'une discrimination fondée sur l'observation de différences de salaires entre membres hommes et femmes d'une même instance de direction, même si la femme concernée, une responsable des ressources humaines, n'avait pas le même domaine de compétence, élargissant ainsi pour la première fois le principe « à travail égal salaire égal » à celui de « à niveau de responsabilité égal, salaire égal ».

Cet arrêt permettra peut-être à des femmes de mieux faire valoir leurs droits, et il faut s'en réjouir.

Mais en même temps, on sait bien que la simple existence des lois, nombreuses et réitérées, sur l'égalité, notamment salariale, entre les hommes et les femmes n'a toujours pas suffi à l'obtenir, et qu'il faudra d'autres combats pour cela.

De même, dans maints articles sur l'étude publiée par l'OFCE, on sent que les causes dites « observables » de discrimination, du type « plus de femmes avec moins d'ancienneté », « dans des postes à temps partiel », « dans des secteurs moins rémunérateurs » paraissent admises comme, sinon souhaitables, du moins inévitables et donc presque normales.

Pourtant, elles ne le sont pas. Que des millions de femmes aient envie de mettre des bébés au monde, c'est vital pour l'humanité, et puisque c'est vital, il n'y a aucune raison humainement recevable pour que cela doive automatiquement se traduire pour celles qui font ce choix par des sacrifices, des croix faites sur des études, sur un travail plus intéressant, ou le choix d'une branche professionnelle...

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