Tarifs des autoroutes : Les usagers rackettés01/07/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/07/une2187.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Tarifs des autoroutes : Les usagers rackettés

À la veille des grands départs en vacances, l'association 40 millions d'automobilistes s'élève contre l'augmentation du prix des péages d'autoroutes. Ceux-ci ont augmenté de 7 à 11 % depuis la privatisation des autoroutes début 2006, et les tarifs s'appliquent dans l'opacité la plus totale.

Chaque année, les sociétés concessionnaires des autoroutes doivent négocier avec l'État les hausses de tarifs proposées en fonction de l'inflation, mais elles sont libres de les répercuter comme elles l'entendent.

Le 1er février dernier, les prix des péages ont augmenté de 0,5 % en moyenne, alors qu'il n'y avait officiellement pas eu d'inflation entre octobre 2008 et octobre 2009. Première anomalie, relève l'association, qui dénonce l'illégalité de cette hausse. En outre, le prix au kilomètre varie en fonction des tronçons d'autoroutes et, comme par hasard, plus ils sont fréquentés, plus le prix grimpe ! La seule logique du profit guide les sociétés concessionnaires, Vinci, Eiffage ou autres gros du BTP. Mais là où cela devient aberrant, c'est quand elles font payer plus cher les longs trajets que les petites distances : ainsi, l'automobiliste devra payer plus s'il roule d'une traite entre Paris et Le Mans ou Paris et Lille, par exemple, que s'il sort deux fois de l'autoroute pour y re-rentrer immédiatement.

En échange du fait qu'elles empochent seules l'argent des péages, les sociétés concessionnaires se sont engagées à entretenir et améliorer le réseau autoroutier. Mais l'État se garde bien de leur imposer un cahier des charges strict et la même opacité sur les investissements réalisés règne aussi dans ce domaine. C'est ce que dénonçait déjà la Cour des comptes il y a deux ans, sans que quoi que ce soit ait changé depuis.

Partager