Le droit à la retraite à taux plein à 65 ans remis en cause02/06/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/06/une2183.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le droit à la retraite à taux plein à 65 ans remis en cause

Dans une interwiew sur RTL, Éric Woerth a confirmé que l'âge à partir duquel un salarié n'ayant pas cotisé assez longtemps peut néanmoins prendre sa retraite à taux plein, fixé depuis 1945 à 65 ans, serait repoussé en même temps que l'âge légal du départ à la retraite. Si l'âge légal était porté par exemple de 60 à 63 ans, la limite des 65 ans serait reportée à 68 ans... Cette mesure concerne tous les salariés qui ont eu des carrières incomplètes et se trouvent, de fait, dans l'impossibilité de satisfaire aux conditions de cotisation requises jusqu'à 65 ans. Et en premier lieu les femmes. En 2009, dans le régime général, 24 % des femmes sont parties à 65 ans ou plus, contre 16 % des hommes. Parmi les femmes nées en 1943, 76 % des femmes parties à 65 ans, soit en 2008, avaient cotisé moins de 35 ans, en dépit des majorations de durée d'assurance pour enfants.

Si elle passait, une telle mesure serait particulièrement inique. Car dans la majorité des cas les travailleuses et les travailleurs concernés ne sont évidemment plus en activité, et en sont réduits à vivre d'allocations, en attendant de pouvoir bénéficier de leur - modeste - retraite à taux plein.

Repousser l'âge auquel ils peuvent néanmoins prétendre à cette retraite reviendrait donc seulement à les maintenir quelques années de plus dans cette situation de précarité. Il s'agirait non pas de les maintenir au travail mais, dans la plupart des cas, de les maintenir dans la pauvreté. Sans autre justification que les économies que le gouvernement compte réaliser sur leur dos.

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