Continental - Clairoix (Oise) : Les travailleurs toujours là et mobilisés13/05/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/05/une2180.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Continental - Clairoix (Oise) : Les travailleurs toujours là et mobilisés

Lundi 10 mai, plus de trois cents travailleurs de l'usine Continental-Clairoix étaient présents à l'assemblée générale qui se tenait devant l'usine, fermée, elle, depuis des mois. Les présents, eux, sont toujours à l'effectif jusqu'à fin 2011, en congé de mobilité. Et il a fallu qu'ils se rendent ce jour-là à 150 au siège de la direction à Compiègne pour remettre les choses au clair avec les représentants locaux du groupe.

Depuis plusieurs semaines les travailleurs ont dû se mobiliser pour faire respecter l'accord tripartite, salariés-Continental-État, signé le 25 juin 2009, qui prévoyait l'obligation de reclassement de 80 % du personnel à 80 % du salaire. Car si des dizaines de salariés se sont reclassés eux-mêmes, la cellule chargée de ce travail n'a reclassé, en près de neuf mois, que dix salariés.

En avril, une entrevue a eu lieu avec Continental-France à la suite de la manifestation du 7 avril à Compiègne, qui a réuni 500 manifestants (sur 1 000 au total) venus de Continental pour accompagner leurs camarades au tribunal. Continental et l'organisme chargé des reclassements acceptaient d'augmenter de façon notable les moyens pour arriver aux reclassements.

Restait le problème de l'État, qui doit toucher une enveloppe de 7,5 millions d'euros de Continental, destinée à ce qu'il appelle la « revitalisation » du secteur et qui doit, en théorie, servir à aider à la création de nouveaux emplois. L'enjeu, pour les salariés, est que ces sommes servent au reclassement effectif des salariés licenciés et ne soient pas dilapidées en aides nouvelles au patronat.

Pendant des semaines le gouvernement a hésité sur la démarche à avoir face à la demande des salariés, puis a décidé de confier au préfet le soin d'assumer ces discussions. Ce dernier, celui qui a exercé ses talents en Guadeloupe pendant la grève générale de 2009, a fait en dernière minute une ultime manoeuvre, en essayant de mettre sur pied une réunion clandestine avec certains syndicalistes, espérés plus complaisants, précédant la réunion officielle avec les représentants désignés par l'assemblée générale. Cette manoeuvre a échoué. Et c'est accompagnée de plusieurs dizaines de salariés que la délégation choisie par les salariés eux-mêmes a été enfin reçue le 7 mai. Là, le préfet a fait profil bas et a accepté, du moins oralement, toutes les demandes qui lui ont été présentées. Il l'a réaffirmé devant France 3, mais cela reste à confirmer par écrit et surtout dans les faits.

Tout cela devait être finalisé avec la réunion prévue avec Continental-France le 28 mai. Mais voilà que le matin de l'assemblée du 10 mai, au moment où le Comité de lutte devait se réunir à la cantine comme à chaque fois, les portes de celles-ci ont été fermées et interdites d'accès. C'est pourquoi, à la suite de l'assemblée de 14 heures, les travailleurs ont été s'expliquer de vive voix avec le directeur, celui qui avait déjà reçu des oeufs en mars 2009, pour exiger qu'il revienne en arrière. C'est ce qu'il a fait après 45 minutes de débats rudes mais calmes.

En tous les cas les travailleurs de Clairoix, quatorze mois après l'annonce de la fermeture de l'usine, sont toujours là pour faire respecter leurs droits, et c'est cela qui compte.

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