« Aide » à la Grèce : Les contrats d'armement ne sont pas loin13/05/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/05/une2180.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

« Aide » à la Grèce : Les contrats d'armement ne sont pas loin

Les services du Premier ministre ont qualifié de « basses polémiques dénuées de tout fondement » les propos du leader des Verts, Cohn-Bendit, selon lesquels le gouvernement français aurait, à la mi-février, conditionné la levée de fonds destinés à la Grèce à la poursuite du paiement des contrats d'armement avec la France.

Le gouvernement aurait obligé la Grèce à maintenir un contrat de 2,5 milliards d'euros sur des frégates françaises, un contrat de 400 millions d'euros sur des hélicoptères et un contrat sur plusieurs avions à 100 millions d'euros pièce. Cohn-Bendit affirme tenir son information directement du Premier ministre grec, le socialiste Papandreou, même si celui-ci ne pourrait pas faire autrement que de démentir le chantage exercé par Sarkozy et Fillon à son égard.

Quant au gouvernement français, s'il dément, il ne va pas jusqu'à rendre compte de l'évolution des contrats d'armement en cours avec la Grèce. Pourtant, des informations ont été publiées sur les engagements des différentes banques françaises à l'égard de la Grèce qui atteindraient 53 milliards d'euros, dont 30 milliards pour le seul Crédit Agricole, ce qui les expose davantage que les banques allemandes par exemple. Quelle est la part des contrats d'armement dans la dette grecque détenue par les banques françaises ? Mystère. Le site Internet de l'ambassade de France à Athènes reconnaît que les contrats d'armement ne doivent pas être négligeables puisque la Grèce fait partie de la vingtaine de pays où la France dispose sur place d'un « attaché d'armement », en plus d'un attaché militaire. Ces ingénieurs militaires « sont répartis uniquement dans les pays où les relations bilatérales en matière d'armement sont développées de manière significative ». Ils relèvent directement de la Direction générale de l'armement, dont l'une des missions consiste à « développer la relation d'armement à l'international ». En Grèce, « actuellement, cette action porte notamment sur les avions de combat pour lesquels la France a proposé le Rafale, le domaine maritime avec la frégate Fremm et les hélicoptères de secours et de recherche ».

Ce n'est donc pas de la « basse polémique » que de s'interroger sur la part des prêts français à la Grèce qui iront gonfler les bénéfices de Thales ou Dassault. Ce ne serait pas la première fois qu'un prêt - ou même un don - à un pays dont la population doit se serrer la ceinture est une aide liée à des contrats qui bénéficient à des sociétés dont le siège se situe parfois à quelques encablures de l'Élysée ; c'est même quasiment la règle.

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