SNCF : Les grévistes ont raison !21/04/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/04/une2177.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : Les grévistes ont raison !

Alors que le mouvement de grève, diversement suivi mais tenant bon dans de nombreux secteurs, en était à son 14ème jour, le matin du lundi 19 avril, sur RMC, Didier Le Reste, secrétaire de la fédération CGT des cheminots, déclarait : « Je pense aujourd'hui sincèrement que les assemblées générales qui vont se réunir vont, dans un certain nombre d'endroits, décider de suspendre le mouvement. »

Quelle que soit la façon dont la direction du syndicat tente de justifier ces propos, on ne peut pas dire qu'ils constituaient un encouragement à poursuivre et élargir la grève, à deux jours seulement de la rencontre annoncée entre la direction de la SNCF et les organisations syndicales.

Mais depuis le début de ce mouvement, il est bien difficile de savoir ce que veut la direction de la CGT. Ses appels à la grève reconductible n'ont concerné le 6 avril que les agents de conduite et les contrôleurs ; puis les autres secteurs ont été appelés à des journées de grève isolées, non reconductibles. L'ensemble des cheminots qui voulaient faire grève étaient en fait couverts depuis le 6 avril par le préavis national pour une grève reconductible déposé par Sud-Rail.

Les problèmes ne manquent pas et les cheminots de la quasi-totalité des secteurs sont concernés par les suppressions de postes, un encadrement à l'affût, des salaires qui n'augmentent pas, l'inquiétude pour l'avenir face à la réorganisation de la SNCF et les projets de privatisation de certaines activités, la nouvelle réforme des retraites qui se pointe à l'horizon. Mais ce n'est pas pour autant qu'il est facile de se mettre en grève, sans avoir une idée claire de l'objectif à atteindre. Or la direction de la CGT a martelé qu'il ne s'agissait par ce mouvement que d'obtenir d'abord et avant tout de « véritables négociations » sur une liste de revendications de six pages, lors de la rencontre du 21 avril avec la direction. Et surtout, même si Didier Le Reste répète aujourd'hui qu'« un mouvement de grève, ça ne débute pas en appuyant sur un bouton », le mouvement a été lancé par la fédération CGT sans aucune consultation ni des militants ni des cheminots en général, sans préparation, sans discussion. Dans ces conditions, ce qui a été remarquable, c'est que ce mouvement ait tenu, se soit étendu, et qu'aujourd'hui il existe encore des secteurs qui tiennent bon, conscients que s'il doit y avoir rencontre entre direction et syndicats, il dépend des travailleurs, de leur mobilisation, qu'il n'en sorte pas que parlottes sans contenu.

La grève est peut-être en train de se terminer, mais les discussions entre cheminots quant à la façon de mener sérieusement un mouvement d'ensemble, en concertation et sous la direction et le contrôle de ceux qui le font, ne font sûrement que commencer.

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