Éducation nationale : «Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance!»03/03/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/03/une2170.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Éducation nationale : «Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance!»

C'est à croire que le gouvernement tente de vérifier cette boutade de Lincoln. Tout est mis en oeuvre aujourd'hui pour que l'Éducation nationale coûte le moins cher possible. Les 16 400 suppressions de postes programmées pour la rentrée 2010 sont en route. Et pourtant, dans les établissements scolaires, ça craque de toute part !

La FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, vient d'adresser une lettre au ministre Luc Chatel : elle tente de l'alerter sur les heures de cours perdues depuis la rentrée scolaire de 2009, faute de professeurs remplaçants lorsqu'un enseignant est absent, même de façon prévisible. 20 000 parents ont témoigné, rien qu'auprès de cette fédération... Mais la plupart des enseignants remplaçants, les TZR, ont été mutés, par mesure d'économies, sur des postes à l'année. Alors tant pis pour le remplacement des congés maternité ou maladie.

Dans plusieurs régions, le ras-le-bol du personnel, des élèves et des parents s'exprime ces derniers temps dans la rue. En région parisienne, le mouvement dans l'académie de Créteil, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, a connu une ampleur grandissante à la veille des vacances scolaires de février. Des enseignants mobilisés se sont donné rendez-vous dès la rentrée de cette zone, les 8 et 9 mars.

Il s'agit, entre autres, de réclamer la titularisation des milliers de précaires qui enseignent ou encadrent dans les écoles, les collèges et les lycées. Cette scandaleuse gestion du personnel au coup par coup, calquée sur le recours à l'intérim des capitalistes de l'industrie, entraîne non seulement la dégradation des conditions de travail, mais aussi celle de la qualité des études.

Tous les autres facteurs de cette dégradation sont largement identifiés et connus, tant par les membres des établissements, personnel comme élèves, que par les parents. Ils vont de la fermeture de classes à la suppression des Rased, ces maîtres spécialisés auprès des jeunes élèves en difficulté, de la prétendue « rénovation » de l'enseignement professionnel à la réduction de l'histoire ou des sciences économiques et sociales en lycée général et au « remplissage » maximum des classes...

Rien de tout cela ne risque d'être évoqué dans les « états généraux de la sécurité à l'école » que Chatel prévoit début avril, en réponse, prétend-il, aux « violences » vécues récemment dans certains établissements. L'obsession du gouvernement de Sarkozy est d'avoir réussi à la fin de son quinquennat à rayer 80 000 postes de l'Éducation. Ses ministres claironnent que le problème de l'éducation n'est pas une question de moyens et que, quoi qu'il en soit, son budget reste le premier dans les dépenses de l'État. Mais c'est bien la moindre des choses ! Ils omettent au passage soigneusement de citer une évolution, dont le ministère a pourtant publié la courbe : la diminution de la part de la dépense intérieure d'éducation dans le produit intérieur brut depuis 1995, amplifiée encore en 2009.

On le voit, les raisons de poursuivre le mouvement commencé et, en particulier, d'observer l'appel de tous les syndicats de l'Éducation à une grève nationale le vendredi 12 mars, ne manquent pas.

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