Mulhouse : Délit de solidarité18/11/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/11/une2155.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Mulhouse : Délit de solidarité

Sonia Céleri, épicière à Mulhouse, hébergeait Mehmet Comut, un militant communiste turc. Elle ne faisait d'ailleurs qu'agir conformément aux exigences de la préfecture locale qui demande « aux étrangers en procédure de demande d'asile de se faire héberger par des personnes privées », la préfecture n'étant pas en mesure de loger elle-même les demandeurs d'asile.

Mais, apparemment galvanisée par les paroles du ministre de l'Immigration Besson, une substitut du procureur a cru déceler dans cet hébergement l'exploitation d'une personne et une rémunération non déclarée.

Aussi la police avait-elle cueilli le militant communiste turc à l'épicerie où il était domicilié en bonne et due forme, tandis que la justice décidait de poursuivre l'épicière. Le juge du tribunal correctionnel ayant suivi le réquisitoire de la substitut, l'épicière solidaire a été condamnée à un mois de prison avec sursis et cinq années de mise à l'épreuve. Un de ces fameux « délits de solidarité » dont le ministre Besson ne cesse de nier l'existence dans son zèle anti-immigré.

Cette condamnation pour avoir suivi des recommandations d'une préfecture est déjà dure à avaler. Mais les arcanes de la justice française paraissent encore plus impénétrables quand on apprend qu'après un court séjour dans un centre de rétention du Bas-Rhin, Mehmet Comut a obtenu un nouveau titre de séjour valable jusqu'au 30 novembre prochain avec comme adresse, dûment enregistrée par les services de la préfecture, celle... de l'épicerie de Sonia Céleri. On a du mal à suivre la logique de la « France terre d'asile ».

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