Centre de tri - Bordeaux-Bègles-Cestas : Fermeture du centre et dégradation des conditions de travail18/11/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/11/une2155.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Centre de tri - Bordeaux-Bègles-Cestas : Fermeture du centre et dégradation des conditions de travail

Le 16 novembre, le centre de tri J-J. Bosc de Bordeaux-Bègles a cessé ses activités. Il a été remplacé par une plate-forme industrielle de courrier (PIC) à Cestas, dans la banlieue éloignée de Bordeaux.

Dans la même opération, La Poste ferme également les centres de tri d'Agen et de Périgueux. Ainsi le courrier posté à Agen pour Agen va faire 300 kilomètres de plus pour être trié à Cestas... ce qui n'empêche pas La Poste de se dire championne du développement durable, comme elle le fait inscrire sur certains des camions qu'elle met sur les routes pour acheminer le courrier !

La Poste aura ainsi déjà supprimé 450 emplois dans cette opération, sans compter les suppressions à venir avec la centralisation à Cestas du courrier des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Si une partie des 650 travailleurs de J-J. Bosc ont retrouvé une place à Cestas (500 emplois), ce n'est pas le cas de tout le monde, certains ayant dû se reconvertir comme facteur ou au guichet... Et pour ceux qui sont à Cestas, c'est la dégradation généralisée des conditions de travail.

D'abord sur les vacations et les samedis travaillés. À ¬J-J. Bosc, les brigades de jour ne travaillaient pas le samedi, le tri étant assuré par une brigade étudiante. À la PIC, la direction a supprimé cette brigade et impose maintenant aux brigades de jour trois samedis travaillés sur quatre. Et quand le samedi est travaillé, le lundi l'est aussi. En nuit, ceux qui étaient en deux nuits sur quatre n'ont eu d'autre choix que de travailler en 22 h / 6 h, avec dix samedis matins travaillés sur douze, au lieu d'un sur deux.

Quant aux pauses pendant le travail, la direction a imposé une réduction des temps de 30 à 50 %. Ainsi la 22 h / 6 h avait auparavant un temps de pause de 1 h 25. La même brigade, aux mêmes horaires, a maintenant 50 minutes. Il en est de même dans toutes les brigades. Et pendant les plus petites de ces pauses, la direction veut faire tourner les machines à deux, chacun prenant une pause tournante !

La direction a donc cherché à économiser le plus possible sur les emplois en tirant sur la corde de tous les côtés, sur les cycles de travail comme sur les pauses. La Poste fait déjà des centaines de millions de bénéfices chaque année, pas de raison qu'elle les augmente encore en aggravant nos conditions de travail ! Les postiers ne sont donc pas d'accord et, le 5 novembre, près de 140 travailleurs (sur 150 votants) ont exprimé leur volonté de faire grève contre ces régimes de travail injustes et harassants, pour les pauses et aussi pour les cycles de travail.

Suite au vote, des assemblées ont eu lieu dans les brigades afin de discuter des modalités de la grève. Les syndicats ont proposé de faire coïncider la grève sur les conditions de travail avec la journée nationale du 24 novembre contre la privatisation, ce qui a été entériné dans les assemblées. Et il y a bien un lien : La Poste dégrade les conditions de travail, économise sur les emplois, afin d'augmenter encore les bénéfices de l'entreprise pour appâter les futurs actionnaires.

Le 24, une assemblée générale est d'ores et déjà prévue pour discuter de la suite du mouvement pour que les conditions de travail à la PIC changent, tout de suite !

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