La Défense : Sans-papiers expulsés d'un chantier04/11/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/11/une2153.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

La Défense : Sans-papiers expulsés d'un chantier

Lundi 3 novembre dans l'après-midi, quelque 300 grévistes sans papiers ont été expulsés par la police des préfabriqués du chantier de la tour First (ex-Axa) qu'ils occupaient depuis le matin pour réclamer que la loi permettant leur éventuelle régularisation soit révisée et appliquée dans les mêmes termes sur tout le territoire. « Nous demandons des critères simplifiés, améliorés et permanents », a réaffirmé Raymond Chauveau, le coordinateur CGT du mouvement des sans-papiers.

Ce n'est pas un hasard si ceux-ci ont occupé ce chantier du quartier d'affaires de La Défense, devant une tour dont la rénovation est dirigée par Bouygues, grand ami de Sarkozy. La semaine précédente, ils avaient installé un piquet de grève devant le siège parisien du syndicat patronal de la Fédération nationale des travaux publics, avant d'en être évacués. Le secteur du bâtiment est, avec la restauration ou les services de nettoyage, celui qui emploie le plus de travailleurs sans papiers.

Il ne s'agit pas seulement de petits patrons du bâtiment, bien souvent ces travailleurs sont embauchés par des filiales ou des sous-traitants de grandes entreprises. Sur le chantier de La Défense, un sans-papier malien racontait ainsi ses conditions de travail au Parisien du 3 novembre : « Ici, j'ai enlevé la façade en verre, la ferraille de la structure et jusqu'à la moquette. Sans parler de l'amiante... Je travaille avec une fausse carte d'identité, l'entreprise qui m'emploie le sait très bien et ferme les yeux ». Même constat pour la construction du tramway parisien, où les travailleurs sans papiers se sont mis en grève et occupent le chantier de la Porte des Lilas ; l'entreprise qui les emploie travaille pour la RATP, parfaitement au courant de la situation.

À La Défense, ceux que la police a expulsés sont des travailleurs grévistes qui réclament que la loi soit appliquée de la même façon pour tous, alors que les représentants de l'État multiplient les embûches pour ne pas leur donner de titre de séjour, alors qu'ils travaillent dans des secteurs économiques où la loi les autorise à en obtenir.

Partager