Transports en commun lyonnais : Ce n'est que partie remise07/10/20092009Journal/medias/journalnumero/images/2009/10/une2149.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Transports en commun lyonnais : Ce n'est que partie remise

Les agents des TCL, en grève reconductible depuis le jeudi 24 septembre, ont finalement décidé de suspendre le mouvement et de reprendre le travail lundi 5 octobre.

Ils entendaient protester contre les nouvelles conditions de travail que la société Keolis veut leur imposer à l'occasion de la renégociation des accords d'entreprise, avec entre autres une amplitude de travail effectif pouvant atteindre dix heures (avec un temps de présence de onze heures et même, avec dérogation, treize heures !), les jours de week-end et fériés ne pouvant plus être récupérés, mais payés, les conducteurs affectés sur plusieurs lignes et, pour tous les agents, la mobilité et la flexibilité imposées. Cela implique des changements d'horaires au dernier moment, la mobilité sur tout le réseau, et bien d'autres choses encore. Que deviendra leur vie de famille ? La réforme n'a qu'un seul but : accroître les profits, déjà confortables, de Keolis, le plus gros gestionnaire de transports urbains du pays.

Aussi la grève était-elle très suivie, handicapant sérieusement les usagers. Les grévistes n'ont trouvé en face d'eux que mépris. La direction de Keolis Lyon considère qu'il n'y a plus rien à négocier, et les grévistes n'ont pas obtenu le médiateur qu'ils demandaient. Le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, a désavoué la grève et jeté de l'huile sur le feu en affirmant, avec Bernard Rivalta, le président (PS) du Sytral (l'autorité organisatrice des transports), qu'ils n'étaient pas les plus défavorisés et que les conducteurs de bus étaient embauchés à 1 600 euros net, ce qui, avec les primes, faisait 1 800 à 2 000 euros net. Les médias, qui avaient largement relayé ces propos, ont dû rectifier quand les grévistes, révoltés par ces mensonges, leur ont donné leur bulletin de salaire : l'embauche autour de 1 300 euros net, et pour dix ans d'ancienneté, un peu plus de 1 400 euros. Même avec le treizième mois et la prime de vacances, on est loin des montants de Collomb. Les grévistes sont d'autant plus indignés qu'ils font circuler entre eux les revenus, trouvés sur Internet, de Collomb et de Rivalta,

La grève a pris un tournant mercredi 30 septembre. Car la nuit précédente, un incendie dans le dépôt de Perrache a détruit une trentaine de bus. Le directeur de Keolis, Collomb et Rivalta en ont profité pour accabler les grévistes, tenter de les discréditer et appeler à la reprise, même s'il était évident que ce n'était certainement pas aux agents des TCL que l'incendie pouvait bénéficier ! Les tensions avec certains usagers augmentaient. La direction de Keolis a durci le ton, annonçant aux directions syndicales des sanctions suite à la grève (dont deux conseils de discipline pouvant aller jusqu'au licenciement) et que d'autres suivraient.

Des grévistes peu à peu reprenaient le travail mais le trafic restait très perturbé, des lignes ne circulant toujours pas et les autres à fréquence réduite, s'arrêtant vers 18 h 30-19 heures. Finalement, vendredi 2 octobre les dépôts ont voté la suspension de la grève et la reprise pour le lundi 5 octobre.

Cependant, dans certains dépôts, lundi matin des agents continuaient la grève pour soutenir des travailleurs menacés de sanction, comme au dépôt Audibert-Lavirotte, où un syndicaliste Sud devait passer en conseil de discipline mardi 6, et un autre gréviste avoir un entretien ; une vingtaine d'autres sont également menacés de sanctions.

Mais c'est pour l'ensemble des traminots que rien n'est réglé puisque la direction n'a rien cédé. Comme les nouveaux accords doivent être appliqués le 1er janvier 2010, et que tous les syndicats refusent toujours de les signer, ils envisagent de nouvelles journées de grève, notamment pour la traditionnelle (à Lyon) fête des Lumières du 8 décembre et pour les fêtes de fin d'année.

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